LE JOURNAL D’ANNE FRANK
Par Gilad Atzmon. Juif qui a quitté la Palestine occupée pour le Royaume-Uni depuis des années – Saxophoniste de jazz, romancier, écrivain.
Source : https://www.facebook.com/gilad.atzmon « I was born many years before I realised that Israel is a state but Palestine is the country. » « Je suis né bien des années avant de réaliser qu’Israël est un État mais que la Palestine est le pays. »
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J’ai grandi dans un pays qui regardait avec mépris le passé de sa diaspora juive. Les nouveaux Hébreux étaient destinés à devenir des gens fiers et dignes, qui aiment leurs voisins et sont aimés en retour.
Dans notre jeunesse, nous étions tout le contraire d’Anne Frank. Elle se cachait dans un grenier isolé, espérant survivre à la guerre avec son bien-aimé. Nous vivions sur une terre que nous croyions, à tort, être la nôtre. Nous étions assez fous pour croire qu’un jour viendrait où les gens que nous avions expulsés nous accepteraient et, même, nous aimeraient. C’est ce que nous entendions par «shalom»…
Mais aujourd’hui, Israël, dans sa totalité, est une nation d’Anne Frank qui, comme la jeune Anne, passe le meilleur de ses journées enfermée dans des abris, en priant pour arriver à la fin de la guerre en un seul morceau. En Israël, chaque maison moderne dispose d’une chambre-abri semblable à celle d’Anne Frank. Les Israéliens sont indignes à l’extrême. Ils détestent leurs voisins et sont détestés comme jamais auparavant.
Pour ma part, je suis probablement le produit le plus réussi du sionisme. Je suis digne, je ne cache pas mes pensées et je ne me cache pas dans les greniers, j’aime mes voisins, je suis aimé en retour, je me déteste juste de temps en temps…
Pendant ce temps…
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