Aller au contenu principal

… COMME UN NEZ RETROUSSÉ AUX TROUSSES…

26 avril 2025

Estampe – Tête de jeune fille, de profil à gauche, légèrement levée, petit nez retroussé, cheveux frisés – deux crayons, 23 x 17 cm – Boucher del. Demarteau sc. – s.d.  François Boucher (1703-1770), dessinateur. Gilles Demarteau (1722-1776) graveur. Source BNF – Gallica. *

Des sites au fait de la mode en chirurgie dite esthétique nous disent que le « nez en trompette » plus ou moins marqué, au profil réduit, est, de nos jours, le fin du fin chez les dites mannequins (mannequines?) et les dites actrices. Du moins quand il n’est pas raté. Car perçu comme juvénile, voire enfantin ; charmant, joyeux et innocent, pour ne pas dire naïf et pur. Autrefois, ce nez courbé de forme concave, dont la pointe remonte plus ou moins vers le haut, montrant plus ou moins l’ouverture des narines, pouvait être la cause de complexes : ô ! le nez de cochon !

Insigne de retroussis 1 fin XVIIIe – Révolution ?

Mais ce nez particulier a aussi été l’objet d’attentions, y compris littéraires, par le passé, déjà.

À propos de Roxalane dans Les Trois Sultanes ou Soliman II, empereur des Turcs (1761) Charles Simon Favart fait dire à Osmin, chef des eunuques : « Son nez en l’air semble narguer l’Amour », et ce même Osmin, en conclusion de la pièce revient sur le sujet en déclarant :

« Ah ! qui jamais auroit pu dire
Que ce petit nez retroussé
Changeroit les lois d’un empire ? »

Charles Bataillard dans sa Physiologie du nez (Société Philotechnique Annuaire de 1853) p. 8, nous dit que le nez retroussé « c’est ce qu’on nomme un nez tourné à la friandise.  Dorat s’y connaissait, et le portrait qu’il a fait de Félime est achevé par ces vers :

« Voilà Félime ; il y faut joindre encore
Un petit nez, mais un nez fait au tour,
Nez retroussé comme le veut l’amour,
Nez qui promet […] » » 

Ce même Dorat dans l’une de ses Épîtres, celle dédiée à Zémis redit de même :

« Ton joli nés [sic] que j’idolâtre
N’est point troussé pour les déserts. »

Notons qu’au temps passé la manière la plus courante d’écrire « nez » était « nés » du latin nasus. Voir l’argotique ou populaire « nase » ou « naze » / « naz », et le dérivé « naseau ». Mais je suppose que l’on a fini par écrire « nez » pour éviter aussi bien la confusion avec « né » singulier qu’avec « nés » pluriel, du latin nascor, naître. Natus sum, nati sumus, je suis né, nous sommes nés. Notons qu’en latin, dans un sens figuré, le nez, c’est la finesse du goût, habere nasum (avoir du goût), ou l’esprit moqueur. En français un certain nombre d’expressions, des plus diverses, mettent en avant le nez : « avoir le nez fin » aussi bien que « se casser le nez », par exemple. Alors que cela ne nécessite pas spécialement que le nez soit réellement fin ou que le nez soit réellement cassé.

Nez de rosière. Quelque chose entre le nez retroussé et le nez camard ? Dessin de T. Ringué in Le Rasoir – journal programme, du 7 novembre 1863.Rosière : « Jeune fille qui, dans un village, obtient la rose destinée à être le prix de la sagesse ». Dictionnaire Émile Littré (1859-1872)

« Les nez retroussés, vulgairement appelés nez en trompette, ont aussi leur mérite et leur agrément, et jouissent d’une certaine estime. Lorsqu’ils ne sont pas retroussés d’une façon trop exagérée, ils donnent à un visage féminin du piquant et de la grâce » est-il écrit page 3 du numéro 1, première année (lundi 6 janvier 1868), de la revue L’Avant-Scène de Bordeaux.

Qui ajoute encore, page 4 : « Un nez retroussé est un talisman qui nous ouvre le chemin des cœurs et des empires »… Et de la joie, aurait-elle pu ajouter s’il faut en croire le refrain d’une chanson publiée par la « Société du nez retroussé établie à l’estaminet de la station à Armentières », s.d. (XIXe?) qui énonce :

« Accourez tertous pour danser
Au nez r’troussé, au nez r’troussé
Accourez tertous pour danser
Si vous voulez vous amuser. » 2

Le nez retroussé semble posséder depuis longtemps la marque d’un certain esprit jeune et ouvert. Quelque préjugé favorable dans l’esprit de la majorité des gens. Ainsi à la page 84 du numéro du 3 septembre 1904 de L’art d’être jolie […] sous la direction de Mme Liane de Pougy, revue hebdomadaire éditée à Paris, on a la définition suivante : « le nez retroussé, – l’insouciance, la bonne humeur, la légèreté ». Et cette autre précision : « La forme des narines […] Larges, bien ouvertes, – l’audace, la franchise ». (p. 84)

Mais j’ajouterai : pas trop ouvertes les narines, car il n’est pas bon, nous dit-on, d’« avoir un nez dans lequel il pleut ». Autrement dit d’avoir un nez trop retroussé. Expression qui remonte au moins au XIXe siècle : on la rencontre chez Alfred Delvau (1825 – 1867), journaliste et prolifique auteur d’ouvrages, en particulier, sur Paris et l’argot.

Insigne de retroussis 2 fin XVIIIe – Révolution ?

Quelques mots sur Liane de Pougy, née (en 1869) Anne-Marie Chassaigne. Cette fille de militaire, mariée à dix-sept ans avec un officier, après avoir fréquenté un couvent breton de neuf à seize ans, et mère d’un fils unique à dix-huit, est surtout connue pour avoir été une « horizontale »,une demi-mondaine adepte de la mode bisexuelle de l’époque Dix-Neuf-Cent. Comme, par exemple, Colette qui fut un temps l’épouse du négrier littéraire Henry Gautier-Villars, dit Willy.

Parmi les activités de Liane, retenons qu’elle fut danseuse de cabaret, aux Folies Bergères en particulier, que son second mari fut le prince désargenté roumain Ghika, qu’elle publia des romans, dont certains plus ou moins en rapport avec sa vie d’affranchie, qu’elle tint un journal et qu’elle acheva sa vie, comme beaucoup de personnages de ce type, dans la religion, fréquentant les dominicaines, et mourant à Lausanne, dans l’isolement, la retraite et la dévotion, en 1950.

Insigne de retroussis 3 début XIXe – Aigle impérial  ?

Mais revenons à notre sujet.

On a vu que l’on évoquait, depuis le XVIIIe siècle au moins, les nez retroussés, ou troussés. « Ton joli nés […] / N’est point troussé pour les déserts » a-t-il écrit, Dorat. Non sans une certaine ambiguïté – du moins pour nous aujourd’hui – sur le sens exact de « troussé ».

C’est Littré qui écrit : « Nez troussé, nez retroussé (cette locution a vieilli)». Et cite un passage de l’Histoire amoureuse des Gaules de Bussy-Rabutin : «  Mme de Monglas a les yeux petits, noirs et brillants, la bouche agréable, le nez un peu troussé ».

Il existait donc le doublet, le raccourci « troussé » pour « retroussé ». Mais également « troussé » pour « emmené de force ». C’est Littré également qui rappelle l’existence d’une ancienne expression, ou le mot « troussé » est employé au figuré. «  Troussé en malle, ou, simplement, troussé, qu’on a enlevé, qu’on a fait partir ». On pourrait ajouter encore l’emploi de « troussé » pour « détroussé » dans le sens de « dépouillé, volé ».

Tout ça pour dire que « ton joli nez… n’est point troussé pour les déserts », veut peut-être – ou sans doute – dire à la fois : ton nez est retroussé, mais il n’a pas été détroussé, ou tu n’en a pas été détroussé, et donc n’a pas été envoyé, de gré ou de force, au désert. Sans oublier – autre sens aussi – que « retroussé » ou « troussé » concerne également les vêtements qui se « dévergondent ». « Dont la robe, la jupe est relevée » nous dit encore Littré qui cite cette phrase de Diderot in Salon de 1767 : « Une femme nue n’est point indécente ; c’est une femme troussée qui l’est ». Donc un nez (re)troussé ne serait-il, pourquoi pas, un nez dévergondé… ou d’une dévergondée ?

« Nez retroussé », « nez troussé », ajoutons encore « nez à la retroussette ». Ainsi, dans ses Souvenirs (édition posthume, 1896), au chapitre Gosses, Paul Verlaine évoque son ami gavroche « avec des yeux émerillonnés et un fort nez à la retroussette, une bouche aux lèvres charnues […] ».

Et « nez à ta retroussette ». Dans Colette ou le Triomphe de la Nature, une nouvelle de Maurice Levaillant parue dans le supplément littéraire du Figaro du 6 juillet 1912 (p. 2), on peut y lire :

« Ses cheveux blonds, son nez pointu et, comme on dit, « à ta retroussette », l’ovale pur de son visage et la coloration délicate de son teint enchantèrent jusqu’aux rustauds des paroisses voisines accourus au défilé d’un cortège de hobereaux et de paysans, qu’un violoneux, renforcé d’un flûtiste et d’un cornemuseux, mena du château à l’église et ramena vers des tables enguirlandées de lierre, sous l’ombre des pommiers. »

Sans oublier « nez à la retrousse » qui semble plus récent. Le « modernisme » est pressé et raboteur. Particulièrement réducteur en aphérèses et apocopes. Quand les temps passés aimaient allonger les mots. On cite en particulier le temps renaissant, le XVIe siècle avec sa profusion de diminutifs en -et et -ette, -ot et -otte. Ou en -lette, comme ici dans les derniers vers de Ronsard « a son ame » : « Amelette Ronsardelette, / Mignonnelette doucelette, / […] » Mots qui, tous diminutifs qu’ils soient, augmentent la longueur des mots.

On lit dans La Gazette de Mostaganem du samedi 11 mars 1939, sous la plume d’un certain J. Hanot, une courte chronique intitulée Silhouette, où il est noté : « Son petit nez à la retrousse, ses yeux bleus et moqueurs et sa lèvre amoureuse lui donnent un air de filet à prendre les cœurs. »

En voilà-t-il pas, de retroussis, de toutes sortes finalement ?!

Insigne de retroussis 4 début XIXe – Aigle impérial  ?

On pourrait ajouter encore à la série, mais là on s’égare un peu, le terme « troussage », avec l’expression devenue désuète de nos jours, mais sans doute pas sa pratique : le troussage de bonne. Dois-je ajouter : troussage… avec ou sans jeu de mots ?

Rappelons-nous ce que Jean-François Kahn déclara en 2011, lors de l’affaire Strauss-Kahn. Estimant qu’il est « pratiquement certain qu’il n’y a pas eu tentative violente de viol » mais simple « troussage de domestique ». Propos particulièrement méprisant à l’encontre de la victime et particulièrement complaisant vis-à-vis du prévenu. Réaction de classe, de caste dirent certains. Il fut contraint de s’en excuser publiquement.

Or, ici aussi, il est amusant de constater que ce personnage, ce journaleux, « essayiste » prolifique et habitué de la radio et de la télé, fut très fort pour y parler généralement avec aplomb, véhémence et bagou, pour ne pas dire verbiage et lieux communs ; tout en n’énonçant jamais rien de remarquable ou d’essentiel.

Ou plus exactement, il était très fort pour généralement dire tout et son contraire. Ayant un art consommé de développer un propos unique mêlant les idées les plus disparates, voire totalement inverses, sans vraiment trancher en centriste, en extrémiste du centre typique.

Ce n’est pas pour rien que ce bavard, imbuvable et louvoyant, infatigable, fréquenta le Mouvement des Démocrates et ce cher Bayrou. Et que ce dernier déclara après sa mort, en janvier dernier, sur X qu’il « incarnait le “centrisme révolutionnaire”, l’humanisme et la fidélité ».

Humanisme et fidélité et plus encore « centrisme révolutionnaire » (sic) même entre guillemets : il y a où rire venant de ce néant intellectuel, filou et opportuniste. Pourtant ancien professeur – ou, bien évidemment parce qu’ancien professeur – muni d’une agrégation de lettres classiques. Pauvres lettres classiques ! Caricature du fourbe et ambigu, du faux-jeton et menteur ; comme un vrai politicard. Menteur comme un arracheur … de bulletins de vote.

Insigne de retroussis 5 fin XVIIIe ou début XIXe – Lys royal

NOTES.

1 – Retroussis : partie retroussée des pans, basques, épaulettes, enfin de tout ce qui peut dépasser ou se distinguer sur un uniforme.

2 – Tertous : tous ensemble, tout (le monde) ensemble. Voir en ancien-français, moyen-français, et divers dialectes romans : tres-tout, trestot, tretout, tertout, tertous… Entièrement tout ou tous. Formé de très + tout (ou tous) ; ou peut-être aussi aphérèse de : entre (ou entër) + tout (ou tous) ; sous la forme : tretout / tertout (ou tous). Ou croisement des deux. Des latins trans, au-delà de, par- delà… ; totus, tout, entier, tout entier ; et inter, entre, dans l’entre-deux, parmi, pendant…

* * *

ANNEXES

Montage – collage avec texte et images de : Le Monde Comique, aux bureaux de l’Éclipse et de la Lanterne de Boquillon, 2e Série – N° 11, 1869 ; et de : Les Chansons de Palusel : les champs, l’amour, la patrie. Tome 2. Paris, Bibliothèque du « franc parler », 1897-1899. Début de la chanson : La Joyeuse Fille.

Palusel : aucune information d’état-civil sur cet auteur, pas même dans les fichiers de la BNF. Peut-on y voit quelqu’un se nommant Lepalus ? Palusel en anagramme. Ou une personne originaire d’une contrée maritime produisant du sel de marais (palus /palud) ; ou même quelque paludier ? Avec Palusel = palus + sel. Ou peut-être un certain Palus cité comme interprète d’une chanson sur un disque de gramophone datant de 1900 à la BNF.

JUPON RETROUSSÉ SUR SA TÊTE

Source : Au Pays des Chansons, texte de G. Montorgueil, illustré d’aquarelles de Job. Boivin & Cie, Éditeurs, Paris, 1912. Octave Lebesgue dit Georges Montorgueil (1857 – 1933) – Jacques Onfroy de Bréville, dit Job (1858 – 1931).

Source : Lisette – journal des petites filles, N° 204 – cinquième année du dimanche 7 juin 1925.

* * *

NOTES à propos de la chanson : Les Nez (d’un anonyme).

1 – Φρύνη, Phryné, autrement dit Crapaude (ce surnom lui aurait été donné à cause de son teint jaunâtre) est une célèbre hétaïre grecque du – IVe siècle. Comment traduire au mieux hétaïre ? Femme entretenue, demi-mondaine, poule, cocotte, prostituée ? C’était l’un ou l’autre, au choix, selon le cas ; du moins c’est ce qui se dit chez les hellénistes distingués. Disons courtisane réservée aux hautes couches de la société. Qui pouvait être de grand luxe, hors de prix.

Phryné eut ainsi comme amants, dit-on, le sculpteur Praxitèle qui l’a prise pour modèle de son Aphrodite de Cnide dont il n’existe plus que des copies complètes ou des fragments antiques, et le peintre Apellès qui l’a prise comme modèle de son Aphrodite Anadyomène dont on sait juste qu’elle fut peinte, mais dont il ne reste rien comme de toute sa peinture.

Cette Phryné eut des démêlés avec l’Héliée, l’assemblée des héliastres – les membres du tribunal – en tant qu’accusée d’avoir introduit un culte étranger à Athènes, celui du dieu thrace Isodaétès, Soit, Iso (égal) – daé (partage) – tès (celui) : celui du partage égal. Celui qui distribue ses bienfaits d’une manière égale à tous ; de δαίομαι, daiomai, diviser, partager ; et,ἴσος, isos, égal.

Surnom, dit-on, de Dionysos Zagreús ; dans la religion orphique, Zagreús étant un avatar de Dionysos, sa réincarnation sous la forme du dieu de la vigne et de l’ivresse. Dionysos lui-même (Διώνυσος, Diônusos ou Διόνυσος, Dionusos) n’étant autre que : de Zeus (Διός, Dios) le fils (υἱός, uios),

Cette Phryné fut acquittée, nous disent les auteurs antiques, après que l’un de ses défenseurs eut fait tomber le haut de sa tunique et exhibé sa poitrine devant tout le tribunal ; sa défense aurait alors consisté à énoncer qu’il s’agissait d’une beauté sacrée, en tant qu’interprète, représentante, envoyée d’Aphrodite. Donc non condamnable.

2 – Frétillon, « celle qui frétille ». Il s’agit très probablement ici du surnom donné à Mademoiselle Clairon, nom de scène de l’actrice Claire Léris (1723 – 1803). Une des plus anciennes attestations écrites de son surnom se trouve dans le titre d’un pamphlet anonyme : Histoire de la vie et mœurs de Mademoiselle Cronel, dite Frétillon, écrite par elle-même, actrice de la Comédie de Rouen (La Haye, 1739) qui connut plusieurs rééditions. Cronel anagramme de Cleron comme on écrivait alors son nom de famille également.

Le personnage se trouva raconté après sa mort au théâtre ou à l’opéra, ou encore dans l’opérette et la chanson, tel au sein des œuvres suivantes :

Frétillon, chanson grivoise de Pierre-Jean de Béranger, au Caveau Moderne, Paris, entre 1813 et 1816 ;

Frétillon ou la Bonne Fille, vaudeville en un acte de Michel Masson (pseudonyme d’Auguste Gaudichot-Masson) et Philippe Dumanoir, Variétés, Paris, 1829 ;

Frétillon ou La Bonne Fille, vaudeville en cinq actes de Jean-François Bayard et Alexis Decomberousse, Théâtre du Palais-Royal, Paris, 1834, avec (Pauline) Virginie Déjazet ;

– La Fille de Frétillon, vaudeville en un acte, de Joseph Choler et Saint-Yves (pseudonyme d’Ernest Déaddé), Paris, 1851 ;

Frétillon-polka, de (Marie Émile) Georges Lamothe, opus 87, 1870 ;

Mam’zelle Frétillon, opérette en 3 actes de Vittorio Monti, sur un livret de Fernand Beissier, au Théâtre national de Rome, 1902 (plus de 300 représentations), au Casino municipal d’Enghien, 1903. Reprises en 1916 au Théâtre Moncey et à l’Olympia ;

Les aventures de Mlle Clairon dite « Frétillon », préface de Jean Hervez, Les Chroniques libertines, 1911. Illustré par Armand Rapeño (pseudonyme d’Armand Rapegno) ;

Frétillon, opéra-comique en 4 actes de Claude Terrasse, sur un livret d’Albert Carré, théâtre municipal de Strasbourg, 1927 (posthume) ;

– Frétillon, pièce qui aurait été écrite par (Eugène) Henri Cain (1857 – 1937), titre non trouvée à la BNF,

3 – Jupiter capitolin. Il s’agit de l’Aedes Iovis Optimi Maximi Capitolini, soit le Templede JupiterOptimal Maximal du Capitole. La colline de Rome dont le nom dérive de caput : tête, extrémité, pointe, chef, capital(e)…Qui fut l’un des plus anciens édifices religieux de la Rome antique.

4 – la mère Gigogne ou Dame Gigogne est un personnage qui apparaît dans le théâtre de foire ou de marionnettes, ou encore la danse et la pantomime, et également les contes, dès le début du XVIIe siècle et perdure tout courant du XVIIIe siècle.

Elle symbolise la fécondité luxuriante, pour cela elle est représentée entourée de beaucoup d’enfants qu’elle peut cacher sous ses jupes. D’où l’expression « poupée gigogne », qui consiste en autant de poupées dont chacune, de plus en plus petite, est contenue dans la précédente, synonyme : poupée russe.

On cite son apparition en 1602 dans la troupe des Enfants sans-Souci, ou Sots, confrérie parisienne qui jouait des soties et autres farces. En 1607 dans un ballet intitulé L’Accouchement de la foire Saint-Germain, dansé au Louvre, elle fut exposée comme mannequin que l’on fit accoucher de seize enfants, en quatre métiers ou pseudo-métiers, ceux d’astrologue, de charlatan, de voleur et d’artiste-peintre.

Dans le ballet Les Festes vénitiennes d’André Campra, de 1710, qui est de fait un opéra-ballet, une œuvre de musique baroque, Dame Gigogne se tient en compagnie d’Arlequin et Polichinelle. En clin d’œil sans doute, la « danse de la Mère Gigogne et des polichinelles », se retrouve à l’acte III du ballet Casse-Noisette de Tchaïkovski.

Le Petit Lexicographe.

From → divers

Commentaires fermés