A la manière de Jules Michelet: d’Adolphe Napoléoncule à Emmanuel Macroncule? – Par Olivier Mathieu.
Le monde a assisté à la rencontre, à Washington, entre Trump et Zelenskyy, dont – à mon humble avis – on saura probablement un jour ou l’autre que c’était un événement truqué de “talk show” de télé-poubelle. Ensuite, on a eu la conversation téléphonique entre Trump et le président russe, Vladimir Poutine. Et puis, la conversation téléphonique entre Trump et Zelenskyy. Après “l’amour par téléphone”, c’est “la paix par téléphone”? Selon le gouvernement en France, Macron «a des appels et des conversations quotidiennes à la fois avec le président Trump et avec le président Zelensky et également avec ses homologues européens ».
Trump veut rester à l’Histoire comme “pacificateur”. Il avait dit, durant sa campagne électorale, qu’avec Kamala Harris il y aurait la guerre au Proche-Orient. On ne voit pas qu’avec Trump, il y ait autre chose: pour la seule journée d’hier (18 mars), la presse parle de 400 civils palestiniens morts, dont plus de cent enfants. Le plus raisonnable est de penser que, Biden ou Trump ou qui que ce soit présidents des Etats-Unis, le sort de la Palestine est scellé.
Mais l’Ukraine? On parle d’un cessez-le-feu. Cessez-le-feu qui aurait pour avantage de permettre à Trump de se faire passer pour un statège géo-politique. Le président russe, tout en flattant l’ego trumpien, lui a consenti une cessation de trente jours des frappes sur des sites énergétiques: au demeurant, on sort de l’hiver et de telles frappes sont inutiles. Vladimir Poutine, par ailleurs, a fait opérer un échange de prisonniers avec l’Ukraine, et a remis en outre à Zelenskyy vingt-deux soldats ukrainiens supplémentaires, grièvement blessés.
Chose curieuse, voilà que tout le monde (depuis Zelenskyy, qui depuis trois ans a souvent déclaré qu’il ne traiterait pas avec Vladimir Poutine, jusqu’à Macron) reproche maintenant au président russe de ne pas accepter les “conditions” occidentales. Il est à se demander si les Occidentaux prennent réellement le président Vladimir Poutine pour un imbécile puisque Zelenskyy déclare qu’il veut un “cessez-le-feu” tout en entendant poursuivre les combats dans la région russe de Koursk, et tout en continuant à recevoir les armes en provenance de France et de Grande-Bretagne. Toute personne ayant un cerveau en état de fonctionnement devrait noter le manque absolu de logique entre ces deux points. Le Royaume-Uni déclare « décevant » que « Poutine, n’ait pas accepté un cessez-le-feu complet » et « sans conditions » avec l’Ukraine. Textuel.
Inutile d’établir un parallèle entre la situation de 1939 (Pologne, Grande-Bretagne et France) et celle de 2025 (Ukraine, Grande-Bretagne et France), tant ce parallèle est clair. Qu’il suffise pourtant, par devoir de mémoire, de rappeler que la Pologne fut, en 1938, la première à effectuer une invasion d’un pays européen étranger, et cela bien avant les hostilités entre l’Allemagne nationale-socialiste et la Pologne, puis quinze jours plus tard entre la Russie et la Pologne. Reste à espérer que la France et la Grande-Bretagne, les deux pays qui déclarèrent la guerre à l’Allemagne en 1939, ne la déclarent pas en 2025 ou en 2026 à Vladimir Poutine.
A quoi, à qui servirait un “cessez-le-feu” de trente jours si les Ukrainiens, tout comme les Russes, maintiennent leur volonté de se considérer propriétaires des quatre régions ukrainiennes annexées par Moscou?
Résumons: nous assistons à des contacts entre les Etats-Unis de Trump et la Russie du président Vladimir Poutine. Ces pourparlers russo-américains étant censés porter à la paix en Ukraine, alors que Zelenskyy n’entend pas renoncer à ses quatre régions (pourtant russophones et russophiles) et alors que le compte-rendu des uns ne correspond pas au compte-rendu des autres. En effet, la Russie assure que Trump et le président Poutine ont évoqué les aides militaires occidentales à l’Ukraine. Trump jure que non. Va savoir…
Quelle logique y a-t-il à ce que Trump prétende oeuvrer pour la paix (?) en Ukraine si, pendant ce temps, il évoque son ambition de s’emparer de Panama et du Groenland, s’il bombarde les épouvantails “houthis”, et si je n’ai nulle connaissance d’un quelconque démenti américain aux affirmations israéliennes selon qui les récents bombardements de la Palestine ont été effectués après en avoir informé l’administration Trump?
Pourquoi faudrait-il un “cessez-le-feu” en Ukraine, et pas ailleurs? Pourquoi un “cessez-le-feu” en Ukraine si on assiste – hélas – à un “mettons le feu aux poudres” ailleurs? Pourquoi et comment un “cessez-le-feu” si le Royaume-Uni et l’Union européenne sont officiellement en pourparlers pour accélérer les livraisons d’armes à l’Ukraine, comme l’a avoué David Lammy, ministre des affaires étrangères britannique? Ou si Kaja Kallas, représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, veut officiellement envoyer des fournitures militaires supplémentaires à l’Ukraine avant toute “cessation des hostilités”?
Pendant ce temps, en France (donc dans la région la plus occidentale de l’Occident, autrement dit du continent appelé géographiquement Europe), ou en Grande-Bretagne (qui n’en fait même pas partie, continentalement), des politiciens, de présumés experts, des spécialistes autoproclamés continuent à évoquer l’intention qu’aurait – selon eux – la Russie “d’envahir l’Europe” dans les prochaines années. Quoi permet à tant d’individus d’annoncer à l’avance un tel événement? Leur inspiration surnaturelle? La voyance? Qui sait? Ces prédictions apocalyptiques, à mes yeux, n’ont aucune base rationnelle. On est ici, encore une fois, dans un monde occidental qui est issu, philosophiquement, politiquement et religieusement, des prédictions de “la fin du monde par le feu. Prédictions qui se retrouvent déjà dans le livre fondateur de l’Occident chrétien, la Bible. En tout cas, cette hypothétique et future “invasion de l’Europe de l’Ouest par la Russie” (sic) est le prétexte pris par les Occidentaux pour s’armer, se réarmer, se surarmer. Les politiciens du genre de Macron y voient peut-être un excellent moyen de détourner l’attention des problèmes intérieurs, à moins qu’ils ne caressent l’espoir d’ainsi jouer dans la cour des grands. Je me souviens, en 1981, lors de l’élection de François Mitterrand, des journaux de droite et des politiciens qui fantasmaient déjà au sujet des chars russes sur les Champs-Elysées, parce qu’il y avait quatre ministres communistes au gouvernement.
Dire que Macron serait napoléonien, ou qu’il aurait quoi que ce soit à voir avec le napoléonisme, sinon dans des aspects mineurs, caricaturaux ou et superficiels, me semble plus que faux. Macron est tout au plus atteint de napoléonite. Il ressemble au Napoléoncule qu’évoquait le fameux historien Jules Michelet (22 août 1798 – 9 février 1874) en parlant d’un autre président, Adolphe Thiers, né le 15 avril 1797, mort le 3 septembre 1877.
Macron semble capable, oui, de napoléonades ou de napoléoneries, comme on voudra les définir. Mais entre Napoléon et Macron, à part la rime, quoi d’autre?
Olivier Mathieu.
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