Versiculets à la Ponchon *
La tempête a passé,
Il fait beau, frais assez.
Le Soleil, tant pensif
Et pas trop expansif,
Abolit les nuées
Et des bouts de buées.
Je m’en rends compte à peine…
La vie retient son pêne ; **
La nuit revient bientôt
Pour vibrer aux linteaux.
En silence est muée
La fin de la huée.
*Raoul Ponchon (1848 – 1937) fut avant tout chroniqueur de presse en vers. Il affectionnait la poésie parodique. Se déclarant lui-même : petit rimailleur du quotidien, réticent à être publié en recueil. « Je suis un poète de troisième rang, je ne puis admettre que l’on me mette au premier » a-t-il écrit. Propos cité par Marcel Coulon, son premier biographe, dans Toute la Muse de Ponchon (illustrations de Valentin Le Campion ; Éditions de La Tournelle, Paris, 1938).
*Son pêne : « partie d’une serrure qui est poussée par la clef et qui ferme ou qui ouvre une porte en allant ou venant » (Le Littré). Ou : sa penne : sa longue plume qui peut servir à écrire.
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