UNE PETITE ANECDOTE QUI DONNE LE TON DE LADITE CAMPAGNE ÉLECTORALE SUR LE TERRAIN DU COLLAGE D’AFFICHES
Ce sont deux personnes qui dès lundi soir ont décidé de coller des affiches pour l’une des listes des prochaines élections européennes dans la petite ville où j’habite.
On est là entre neuf heures du soir et minuit environ. Les rues sont quasi désertes de piétons, si ce n’est de gens sortant leurs chiens, de vélocipédistes et d’automobilistes ; il pleut, il bruine plus exactement très légèrement.
Avec le tour d’une partie des panneaux électoraux aux portes des écoles et panneaux d’affichage publics les uns après les autres.
Ces deux personnes constatent alors (ils l’avaient en fait déjà plus ou moins remarqué quelques jours avant, quand les panneaux furent installés dans la période précédant le début officiel de la campagne électorale) que la place impartie à chaque liste est réduite de moitié, ce qui ne permet pas de coller l’intégralité d’une affiche de grand format.
En effet, il a 38 listes déclarées, soit en fait 10 doubles-panneaux, coupés à mi-hauteur et mi-largeur par des lignes symboliques de séparation. Avec un petit numéro d’affichage pour chacun, dans sa case riquiqui.
Première remarque : nos deux colleurs étaient absolument les premiers, et ils ne rencontrèrent aucuns autres colleurs. Sur environ la moitié, même plus, des panneaux de la commune qu’ils visitèrent ce soir-là.
Quand ils croisaient des panneaux d’affichage libre qui sont des grands doubles panneaux recto-verso, où l’on peut mettre largement quatre grands affiches, plus des plus petites en-dessous, ou des professions de foi, ils furent peu à peu surpris de constater que plusieurs se présentaient avec des affiches électorales déjà présentes, et agencées de la même manière. Par exemple une affiche LFI à côté d’une affiche LO ; ou une affiche PC à côté d’une affiche LFI. On était là dans une partie des quartiers les plus ouvriers de la ville. Bien que les ouvriers ont pas mal déserté cette « gauche » depuis longtemps, mais ce n’est pas le sujet ici.
Nos deux personnages ont fini leur sortie peu après minuit et ont pu constater, ce qui est encore autre chose, que l’éclairage devant l’école où ils se trouvaient, mais qui a des bureaux de vote qui donnent sur une petite rue, venait de s’éteindre à minuit juste. Seules les grandes rues et autres boulevards ayant le privilège d’un éclairage maintenu au-delà de minuit !
Le lendemain les deux colleurs eurent l’occasion de se parler. L’un dit à l’autre : « Je suis surpris, je suis passé en fin de matinée devant les panneaux d’affichage de l’école, il y avait une dizaine d’affiches de collées, alors qu’hier soir il n’y avait que la nôtre. C’est étonnant ». Et l’autre lui répondit : « Ben, moi aussi je suis passé devant les panneaux, lors de la rentrée des classes, ce matin, et il y avait un type tout seul qui collait les affiches des uns et des autres. C’était une entreprise privée. Dans le dos il y avait écrit « affichage officiel ». Et le premier de conclure : « Bâ ! je comprends mieux ».
Les deux colleurs d’affiches ont remis la seconde moitié de leur collage à hier soir. Et là il ont pu constater que tous les panneaux d’affichages, tant officiels que libres, avaient été recouverts ailleurs sur la commune (et sans doute sur d’autres communes) des mêmes affiches des mêmes partis. Très certainement par cette même entreprise privée.
Je n’apprendrai rien en disant que ces affiches (et petites affiches secondaires même) étaient en règle générale collées sur deux emplacements en hauteur, recouvrant allègrement un autre emplacement, sauf dans le cas ou deux listes se trouvaient à suivre, là des bas d’affiches volaient au vent sous le panneau par exemple, ne demandant qu’à être déchirées au passage par quelque facétieux.
Je n’apprendrai rien non plus en donnant la liste à peu près complète de ces collés « de concert », ce qui va très bien puisqu’il s’agit pour presque toutes de listes europhiles voire eurogagas. Et pour un bon nombre de listes otanophiles, russophobes et sionistophiles. Et de partis les plus riches.
Il y a avait quelque chose comme : les « trotskistes » de LO, les « insoumis » mélanchoniens, les « communistes », les « socialistes », les « radicaux de gauche » (je croyais que ce parti avait disparu depuis une éternité), les « écologistes » des ex Verts, les « écologistes » dissidents du « centre », les « lepénistes », les « zemmouriens », les « macronistes », les « souverainistes » de l’UPR (ceux qui ne veulent pas se mélanger aux autres souverainistes) et je crois bien la liste de Jean Lassalle (l’Alliance Rurale, celle qui est soutenue par la Fédération Nationale des Chasseurs).
Et nos deux colleurs d’affiches ont pu constater que lesdits « insoumis », pour ne parler que d’eux, voyageaient large en s’affirmant anti-fascistes, anti-racistes, et même écologistes ; mais pourquoi pas, dans ce temps de déconstruction généralisée et de la perte du sens réel des mots.
En regardant un peu mieux, on peut constater que ces élections atteignent un haut niveau dans l’éclatement des partis. Ce n’est pas nouveau avec les trotskistes qui présentent trois listes. C’est plus nouveau avec les dits écolos qui présentent au moins trois ou quatre listes, dont deux au moins avec de précédents élus Verts. Sauf erreur les communistes sont présents sur trois listes, du moins desdits communistes : la liste autour du PC, une autre de communistes pour la paix et le progrès social, et une du Parti Révolutionnaire Communiste.
Les plus euro-mondialistes se nomment Besoin d’Europe (macronistes), Europe-territoires-écologie (PRG et sociaux-démocrates), Réveiller l’Europe (socialistes et compagnie).
Et que dire enfin des souverainistes ? Les souverainistes de gauche (sic) de Kuzmanovic veulent « Changer l’Europe ». Cela fait bien trente ou quarante ans que l’on entend parler de changer l’Europe, alors que l’UE ne fait qu’empirer dans sa domination dictatoriale pour ne pas dire totalitaire.
Et il y a les frexiteurs de l’UPR, d’Asselineau qui est le parti de ceux qui ne veulent pas se mélanger aux autres frexiteurs, et il y a les Patriotes et quelques autres, de Florian Philippot qui lui milite pour l’union des partisans du Frexit.
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