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LÉGION D’HONNEUR: LES SELLES DE DEPARDIEU CONDUISENT TOUT DROIT AU RETRAIT. NOUVEL ARTICLE D’OLIVIER MATHIEU.

16 décembre 2023

Je reviens sur l’Affaire Depardieu qui, à mon avis, a réellement commencé seulement maintenant.

Une « procédure disciplinaire », selon les dernières informations, pourrait être engagée par la grande chancellerie de la Légion d’honneur à l’encontre de Depardieu, et c’est Madame Rima Abdul Malak, ministre de la culture, qui l’a dit. « Une Légion d’honneur, cela distingue un homme, un artiste, une attitude, des valeurs. (…) Un conseil de l’ordre de la Légion d’honneur va se réunir et va engager une procédure disciplinaire pour décider si cette Légion d’honneur doit être suspendue ou pas, retirée complètement ou pas. Ce sera à eux de décider ».

Ma foi, je ne savais pas que l’on pouvait seulement “suspendre” une Légion d’honneur, ou la retirer “pas complètement”.

Suspendre? Suspendre, c’est relever quelqu’un temporairement de ses fonctions. Pourquoi une suspension qui soit seulement temporaire?

Retirer “pas complètement”? Certes, le mot retrait signifie (entre autres) lieu d’aisance, “aller au retrait” veut dire déféquer mais, plaisanterie à part, comment fait-on pour retirer “pas complètement” une décoration? Est-ce qu’on lui retire complètement le hochet? A moitié? D’un tiers? D’un quart?

Mme Abdul Malak a aussi dénoncé « les propos absolument choquants qu’on a pu voir dans ce reportage, une attitude qui se veut sur le ton de la blague et de la provocation, mais qui est en fait assez irrespectueuse et indigne, et qui fait honte à la France ».

Des propos “absolument” choquants mais qui sont seulement “assez” irrespectueux? Euh… Madame Malak dans son emploi des adverbes cause un français fort moderne!

Les propos de Depardieu en Corée du Nord ne sont pas “assez” (au sens de: passablement) irrespectueux et indignes. Ils sont totalement lamentables et insignifiants.

Dire que « les femmes adorent faire du cheval [car] elles ont le clito qui frotte sur la selle (…) elles jouissent énormément », et d’autres considérations sur les selles (au sens de siège du cavalier) ne me semble pas pénalement répréhensible.

Quant à la généralisation à laquelle se livre Depardieu (« C’est des grosses salopes »), on est loin de toute finesse mais on est surtout loin de Rabelais, de Villon, de Molière (qui a repris une scène à Rabelais dans l’une de ses pièces), d’Alfred Jarry ou seulement d’un San Antonio. L’oeuvre de Rabelais regorge d’ivrogneries, de gaudrioles et de facéties “irrespectueuses”. Les frères Goncourt, quand ils parlaient de sexe dans leur journal, c’était “irrespectueux” si on veut mais avec talent, style, génie. Tout ce qui manque à Depardieu.

Dire “Toutes des salopes” ne relève pas, loin de là, de la verve gauloise dans la franche gaieté rabelaisienne. Il faudrait pouvoir tout dire et rire de tout. Mais Depardieu, lui, ne fait pas rire ou ne fait rire que lui-même. C’est juste commun, banal, médiocre et nul. Depardieu n’inspire qu’une envie de retrait.

« Ça m’a dégoûtée », a tenu à préciser Mme Abdul Malak qui a ensuite prétendu: « Ce n’est pas au ministère de la culture de donner des consignes, puisqu’il y a une liberté totale de création en France ».

Les ministres de la culture feraient en effet mieux – à mon humble avis – de s’occuper de création. Et de création de qualité. Songeons qu’en France, un grand cinéaste comme Jacques Rozier est mort récemment dans la misère.

Ce qui est étonnant, ce qui continue à m’étonner est non pas la nullité évidente des choses que profère Depardieu depuis des dizaines d’années, mais que la France ait fait de lui un “monstre sacré” du cinéma.

Ce qui m’étonne est que l’on ait décoré de la “Légion d’Honneur” Depardieu (et pas que Depardieu).

Ce qui m’étonne est que quelqu’un ait pensé à la lui décerner. Une société qui décore Depardieu peut-elle ensuite vraiment s’étonner ?

Bon, achevé cet article, je m’en vais au retrait, le lieu “où ni le roi ni la reine ne peut se faire suppléer par personne” comme écrivait l’immense André Suarès dans son Condottiere.

Conclusion sur Depardieu: c’est un non rabelaisien, un faux rabelaisien et un mal rabelaisant.

Olivier Mathieu.

From → divers

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