PRIGOJINE ET LE VAISSEAU FANTÔME
Selon l’expression consacrée (qui elle-même est une expression consacrée) : « les spéculations vont bon train » sur la mort de Prigojine et d’une partie au moins de l’équipe dirigeante de la milice privée russe Wagner.
Dont au moins le numéro deux : Dmitri Outkine, ancien officier militaire au GRU, la direction générale des renseignements de l’État-Major de l’armée russe. Prigojine n’ayant jamais été dans l’armée, mais ayant été un délinquant, autrefois.
Après lecture de diverses informations du domaine russe, le plus fiable (l’Occident ne fait qu’élucubrer et mentir), et la vision sur telegram, de quelques vidéos dont celles des restes encore en flammes de l’avion, ou de portions de carlingue, d’aile de l’avion retrouvées dispersées dans la nature, on va essayer d’en retenir l’essentiel.
Première remarque annexe, mais non accessoire. Il faut être le roi des crétins, ou vraiment très sûr de soi et sûr de sa sécurité pour mettre tous ses œufs (tous ou une partie de ses lieutenants, de la tête dirigeante de son organisation qui a autant d’ennemis sur Terre) dans le même panier. En l’occurrence dans un même petit avion d’une société privée.
Autres remarques :
Sur le lieu : les faits sont arrivés entre les deux principales villes de la Russie : Moscou et Saint-Pétersbourg. L’avion se dirigeant de l’une à l’autre. Lieu symbolique.
Sur le jour (le 23 août) : deux mois, jour pour jour, après le début de la « mutinerie » de Wagner. Mais aussi : au milieu même de la réunion des BRICS en Afrique du Sud (22 au 24 août). Jour symbolique.
Sur quelques faits préalables connus : avant ce trajet fatal, le pilote habituel de Prigojine aurait fait défection et se serait rendu on ne sait trop où. Et le matin même avant le vol, des étrangers (sic) auraient visité l’avion en vue de l’acheter ; ils se seraient renseignés sur son prix, et sur l’avion en lui-même auprès du copilote qui est mort lors de l’écrasement au sol de l’avion.
Sur l’écrasement de l’avion proprement dit, qui a vu la mort des trois membres d’équipage et des sept passagers : il semble bien établi que l’avion soit/est tombé en flammes ; il flambait encore au sol, du moins une partie de ses restes, tandis que d’autres restes non brûlés ou non brûlant accrédite la thèse (encore une expression consacrée), d’une explosion criminelle en plein vol.
Ce qui est le plus probable est donc qu’il ne s’agit pas d’un accident d’avion, mais d’un attentat à l’explosif dans le ciel. Par une minuterie intégrée ou commandée à distance depuis le sol.
Maintenant qui avait intérêt à la mort de Prigojine et autres ?
Je laisse de côté les hypothèses folkloriques ou farfelues très généralement développées par les pitres de « l’information » occidentale telles que : « Prigojine n’est pas mort », ou « C’est encore un coup du tyran Poutine ».
Je retiens seulement ceci :
1 – Wagner, en ce moment d’effervescence africaine sub-saharienne et dans le Sahel, en particulier dans le domaine de la France-Afrique, est un sérieux concurrent à l’hégémonie otanienne (France, États-Unis…) qui part en morceaux, comme pour le reste.
Ainsi vient-on d’apprendre que l’ambassadeur de France a 48 heures pour quitter le Niger qui vient de se rebeller de l’emprise occidentale et dont la population manifeste avec des drapeaux russes et des portraits de Poutine tout en déclarant : À bas la France ! En français dans le texte.
Un attentat otanesque étatsuno-royaumunien, voire franchouillard (mais j’ai des doutes sur la capacité de la France à faire quoi que ce soit en ce domaine) contre Wagner ?
2 – Wagner est maintenant bien implanté en Biélorussie, où sont déployés des ogives nucléaires russes. On sait l’animosité (mot faible) de l’Ukraine moribonde, mais plus encore de la Pologne belliciste pour ne pas dire hystérique et expansionniste (du moins ses dirigeants) à l’encontre de la Russie, de la Biélorussie et de Wagner. Ou encore des micro-États baltes (la Lituanie la plus proche en particulier), eux aussi hystériquement, maladivement, anti-russes et anti-biélorusses.
Alors un attentat par des bandéristes kiéviens, des polonais, des lituaniens, un peu de tout ça ? Ce n’est également pas impossible. D’autant que l’engeance bandériste est ouvertement un terrorisme et une barbarie. Il n’est que de dresser la liste des personnalités russes qui ont été éliminées en Russie même, ces dernières années, par des Ukrainiens ou par des demeurés russes pilotés par des Ukrainiens, la Lituanie servant de base arrière parfois aux forfaits.
3 – Hypothèse annexe. J’ajouterai ici que Wagner n’existe plus en tant que milice agissante en Ukraine depuis qu’elle a quitté Artiomovsk/Bakhmout. Une partie se trouve en Afrique, depuis plusieurs années maintenant, une autre partie est donc en Biélorussie (où elle forme l’armée biélorusse), et le reste s’est intégré à l’armée régulière russe.
Mais il faut savoir que cette milice est composée de délinquants qui, en échange de remises de peine, s’engagent dans cette milice qui soutient les intérêts russes dans le Monde. Or, on n’est pas assuré qu’une ou plusieurs « têtes brûlées » ne replongent pas dans l’erreur ; et ne se laissent tenter financièrement par quelque action irréparable. Une traîtrise en interne.
D’ailleurs, on l’a vu lors de la mutinerie de juin, la mutinerie du Solstice si l’on peut dire, certains n’ont pas hésité à abattre des aéronefs de l’armée régulière, tuant plusieurs pilotes.
4 – Troisième hypothèse à ne pas rejeter, mais qui montrerait une mauvaise analyse politique de la situation russe au sein de l’armée russe. Des éléments de l’armée russe, en particulier de l’armée de l’air, auraient voulu se venger de la destruction d’aéronefs (hélicoptères et même un avion je crois) lors du coup de folie de Prigojine, par certains éléments de la milice. Il faut savoir que déjà lors de ces « incidents » l’armée régulière avait répliqué face aux errements wagnériens.
On a pu lire sur Internet les réactions passées de certains milieux russes, militaires en particulier, de l’armée régulière qui n’étaient vraiment pas tendres contre Wagner.
Donc, en conclusion :
– un coup des services otaniens ?
– un coup des services ukrainiens et/ou polonais, avec ou non complicité russe ?
– un coup d’éléments de l’armée russe ?
Certains y voient un arrêt, ou au moins un ralentissement des activités de Wagner, mais c’est ignorer le poids des soutiens politiques, populaires et plus encore des appuis financiers, y compris de l’État russe, que cette milice privée « subventionnée » reçoit en Russie.
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