Aller au contenu principal

OÙ IL EST QUESTION D’AURORE ET D’ÉPHÉMÈRE, DE « PIPOLE » ET DE ROYAUTÉ… ET DE DAVID HAMILTON.

18 août 2023

Pour ceux qui s’intéressent à l’œuvre de David Hamilton, et qui ont pu se demander ce qu’était devenue Dawn Dunlap, essentiellement connue pour son rôle de Laura dans le film : Laura, les ombres de l’été (1979), alors toute jeune actrice de seize ans, voici quelques informations vers lesquelles m’ont aiguillé des personnes plus avisées que moi.

Tout d’abord simple rappel. La carrière cinématographique de Dawn Dunlap (Dawn = Aube, est son prénom, son surnom d’actrice) a été brève.

Après avoir incarné le personnage principal de Laura dans Laura, les ombres de l’été 1 , elle a été présente dans au moins cinq autres films étatsuniens que l’on peut qualifier de secondaires ou de série B, de ce que j’ai pu en voir, en savoir, en lire. Et qui rompent avec ses débuts.

*

La musique de ce film, qui est en accord avec son atmosphère et ses images, est rappelons-le, de Patrick Juvet qui a surtout été connu par sa présence dans le monde de la chanson des années 70. Né en Suisse en 1950, il a eu l’ironie de mourir le premier avril 2021 à Barcelone.

Laura est indéniablement le film de David Hamilton mais aussi celui de Patrick Juvet, surtout dans ses morceaux de musique feutrée et douce. Qui mélange des styles anciens ou plus dans l’air de son temps. D’orchestration de son temps en particulier. On est donc ici, au moins en partie, dans la musique électronique. Notons également que 1976, soit trois ans avant ce film, voit le début de la mode Jean-Michel Jarre et de la musique sur synthétiseurs. 2

*

Album complet Laura les ombres de l’été.

titre et minutage de chaque morceau :

01 La Tristesse De Laura 4.20

02 Photo Session 2.04

03 Le Thème De La Statue 3.35

04 One Way Love 3.37

05 Le Rêve 1.42

06 Fire 5.43

07 Le Ballet 3.35

08 Le Thème De Laura 4.24

09 La Chanson De Robert 2.30

10 Fascination 3.15

*

Mais pour en revenir à la carrière de Dawn Dunlap, voici dans quels films elle s’est poursuivie, cahin-caha (du moins de ce que j’ai pu en savoir) :

Liar’s Moon (1982) où elle joue un petit rôle : le film raconte l’histoire de deux amants maudits, dans le Texas des années 1940 ; un jeune de la classe ouvrière et une fille de banquier s’enfuient et se retrouvent confrontés à l’adversité ; film avec musique et chansons « cow-boy » ;

Night Shift (Les Croque-morts en folie, 1982), où elle joue un petit rôle ; une comédie dans laquelle une morgue sert un temps de siège à un service de prostitution, et dont le scénario est par ailleurs assez creux, tout en étant compliqué.

Mutant (nommé aussi Subject 20, ou Forbidden World en anglais, 1982) film d’horreur et de science-fiction, où elle joue un premier rôle : dans le futur, sur un astre lointain des « savants », pleins de bonnes intentions « comme d’hab » (lutter contre la famine qui sévit dans la Galaxie), manipulent un hybride d’humain et de bactérie qui mute dans le genre Alien ; on est en pleine période Alien : Alien, le huitième passager date de 1979 ; le deuxième volet : Alien, le retour, sortira en 1986.

Heartbreaker (Brise-cœur, ou Cœur-brisé, 1983), où elle joue un premier rôle : un passionné de voitures, chicano, tombe amoureux d’une belle « blond wasp » (sic) de l’autre côté de la ville, avec des conséquences violentes, et une histoire sans beaucoup d’intérêt, sinon sa dose de violence gratuite et d’univers automobile et urbain ; et de musique tout sauf tendre.

Bande-annonce de Heartbreaker :

– Barbarian Queen (ou Queen of the Naked Steel, 1985), où elle joue un des seconds rôles ; dans le genre histoire antique. Sorte de péplum glauque, qui se passe dans un pays barbare dans un temps ancien, qui est fait de massacres et de viols, de meurtres tant par des femmes que par des hommes, de combats de gladiateurs, de harem, de torture, de donjon ou de cabanes primitives, d’eau et de feu, de sexe et de déshabillé ou très légèrement vêtu féminin, où l’on voit que Dawn a pris quelques kilos et n’est plus la tendre, frêle, juvénile jeune fille du film hamiltonien.

Bande-annonce de Barbarian Queen :

*

C’est ici qu’il convient de préciser que le nom d’artiste de notre texane (elle est née à Austin) semble parfaitement accordée à ce qu’elle est devenue.

En effet Dawn c’est : l’aube ou l’aurore, le point du jour, la naissance, l’émergence.

Et Dunlap (dun lap) c’est quelque chose comme : le jeune éphémère brun-gris. En effet, parmi divers sens possibles, « lap » est le nom donné au « young mayfly », l’éphémère pas encore adulte, ou submago, autrement dit l’insecte qui est dans un stade intermédiaire entre la larve et l’imago qui est l’insecte adulte sexué. Et « dun » désigne une couleur « brun gris », « brun grisâtre », ou louvet en parlant de la robe d’un équidé (jaunâtre, mêlé de noir).

Enfin l’élément le plus important est de voir que le faux nom, le surnom « Dawn » évoque la naissance, l’éveil, la jeunesse (c’est d’ailleurs pour ça qu’il a été choisi). Et que son patronyme lui-même, du moins « lap » évoque l’idée du caractère éphémère de cette même jeunesse, de cette même éclosion à l’âge pré-adulte, intermédiaire (et magique) qui ne dure « que quelques mois », et qu’il ne faut pas rater, comme l’affirmait autrefois David Hamilton.

C’est l’éphémère ou, pour prendre une analogie végétale : de la misère — l’un ou l’autre nom donné à ces plantes herbacées plus ou moins vivaces et rampantes qui donnent des fleurs d’un seul jour, ou de guère plus. « Éphémères » ou « misères » par leur manque de fleurs pérennes ; et plus encore « misères » par leur capacité à s’étendre et se ramifier sur le sol, par leur caractère invasif, mais sans qualités particulières.

Comme si « misère » et « éphémérité » étaient indubitablement liées, en un double… effet mérité.

Ainsi, c’est Stendhal qui a écrit, in Histoire de la peinture en Italie (à moins que cette phrase ne fasse partie du plagiat de La Storia Pittorica de Luigi Lanzi dont il s’est largement inspiré, dit-on, pour écrire son livre paru en 1817) : « La mouche éphémère qui éclot le matin, et meurt avant le coucher du soleil, croit le jour éternel. » Tandis que Jules Michelet dans L’Insecte (1857) – il n’a pas écrit que des livres d’histoire, des hagiographies, des romans de la France éternelle – rappelait que : « L’éphémère est cette mouche qui naît juste pour mourir, vit une heure unique d’amour. »

Ce qui est aussi une manière d’évoquer la pauvre vie non seulement animale mais humaine, loin de toute faconde « nous établissant avec une importance risible, comme si nous n’étions pas des éphémères, aussi vite oubliés qu ’oublieux » comme le soulignait (Henri) Frédéric Amiel dans son Journal (en 1866)

*

Mais revenons à notre Dawn, la personne, qui aura donc arrêté toute carrière dans le cinéma après Barbarian Queen.

Il semble que par la suite elle ait pris une voie similaire au deux égéries les plus connues de David Hamilton : Mona et Gertrude qui ont fini par se marier, ou se remarier pour la seconde, à quelque personnage possédant de très bons revenus. Et par devenir, comme me l’a écrit quelqu’une, « des femmes entretenues ».

Certes, il y a quelques différences entre Mona et Gertrude.

Mona, de ce que j’ai pu en savoir, n’a jamais eu d’enfant et fréquente tout le « beau monde » de la Jet Society de Manhattan, y compris douteux (pléonasme ?). Je l’ai vu en photographie en compagnie de Ghislaine Maxwell, la complice de Jeffrey Epstein, dans je ne sais quelle réception, ou lors de je ne sais quelle manifestation de charité étatsunienne. La charité des riches faite avec l’argent du vol du bien commun, ou de l’exploitation des pauvres.

Gertrude a eu deux filles et produit de la peinture totalement figurative dans le domaine végétal — plantes, fleurs, fruits — plus rarement animal. Elle s’est formée entre autre en France autrefois. Certaines de ses réalisations sont visibles sur Internet.

Quant à Dawn, elle aussi semble être, ou avoir été, une « femme entretenue », selon l’expression de ma correspondante.

Et finissons donc dans le « pipole » et le badinage. Aurore, non pas Dupin, mais Dunlap a quitté l’industrie cinématographique en 1985 et est retournée dans son état natal du Texas disent certains.

Par la suite, je ne saurais dire à quelle époque précise, elle a épousé un « advertising agent », un publicitaire britannique, un certain Sir Frank Budge Lowe (né en 1941), donc de plus de vingt ans son aîné. Et fut alors connue comme « Lady Dawn Lowe ». Elle eut un fils de lui et a divorcé en 2007.

« Sir » est un titre d’honneur décerné par la monarchie anglaise, celui en général de la petite noblesse des baronnets et des écuyers. Titre décerné de nos jours à divers artistes de variétés par exemple, comme chez nous avec la Légion d’honneur, l’Ordre du Mérite, ou celui des Arts et des Lettres. En 2001, ce Lowe a été fait chevalier pour services rendus à la charité (quand on est riche, cela ne coûte rien) et à la publicité. Eh, oui !

Il est connu outre Manche pour avoir dirigé diverses grosses boîtes de publicité. Et c’est lui qui, à compter de 1979, a organisé les parrainages des championnats du Queen’s Club, vieux club sportif privé huppé londonien, avec entre autre un tournoi de tennis, connu sous le nom de « tournoi Stella Artois », du nom de la bière blonde flamande. On a les sponsors, les mécènes que l’on peut.

Lowe (love?) a été marié six fois. Et Dawn Dunlap a été sa quatrième épouse. Voici ce que l’on apprenait d’elle, il y a déjà quelques années, dans le Daily Mail du 21 août 2007, titré : « Texas Dawn’s love for her legal eagle », l’amour de la Texane Dawn pour son juriste hors pair (ou : son crack du droit, ou : son homme de loi expert) :

« Lorsque la belle Dawn Lowe, née au Texas, est entrée dans le bureau de l’avocat James Harcus pour lui demander conseil au moment de son divorce imminent avec le gourou multimillionnaire de la publicité Sir Frank Lowe, le résultat a été tout à fait inattendu.

En effet, M. Harcus, l’un des plus grands praticiens du droit de la famille du pays, censé être heureux en ménage avec sa femme Gail, dont il a trois fils adultes, a fini par tomber amoureux de Dawn.

Aujourd’hui, Harcus, 58 ans, a quitté le domicile conjugal de Battersea, dans le sud de Londres, et vit dans un appartement loué à Chelsea. Fait piquant, il s’agit du même appartement de luxe où la crapule [sic] John Bryan, un autre Américain, avait l’habitude de recevoir sa maîtresse de l’époque, la duchesse d’York. 3

Harcus a entamé une liaison à distance avec Lady Lowe, 44 ans, qui vit principalement en Suisse.

« Oui, nous sortons ensemble », déclare Dawn, qui a été mariée pendant 16 ans à Lowe, 65 ans, fondateur du championnat de tennis Stella Artois, avec qui elle a un fils, Sebastian, 13 ans. […]

« Il [Harcus] n’était pas l’avocat de mon divorce parce que j’ai divorcé en Suisse et que j’ai fait appel à un avocat suisse », me dit-elle. « Il m’a cependant donné de très bons conseils, en tant qu’ami, et je peux vous dire que c’est un gentleman. Il n’est pas comme les autres avocats spécialisés dans les divorces, qui essaient de rouler tout le monde sans penser aux conséquences terribles qui font que les parties finissent par se détester. En fait, James et moi nous nous connaissons depuis des années parce qu’il est l’exécuteur testamentaire d’une fiducie 4 familiale. Nous n’avons commencé à sortir ensemble qu’en février dernier. »

Depuis, le couple a été régulièrement aperçu en train de dîner au restaurant Foxtrot Oscar de Chelsea, près de l’appartement de Harcus sur Cheyne Walk.

Dawn, qui était la quatrième épouse de Lowe, ajoute : « J’aurais pu avoir un appartement beaucoup plus grand que celui que j’avais : j’aurais pu obtenir une somme beaucoup plus importante si j’avais divorcé de Frank en Angleterre, mais je pense que les lois britanniques sur le divorce sont allées trop loin. Je voulais que nous restions amis pour le bien de notre fils ».

Sir Frank, qui sort avec Pat Booth, ancien mannequin devenu auteur, a vendu son agence de publicité pour 136 millions de livres sterling.

Entre-temps, la femme de Harcus a demandé le divorce, en utilisant le cabinet bien établi Withers, où son ex-mari a été associé pendant six ans. »

Je me dispense d’en ajouter plus, par exemple sur les fiançailles récentes du fils de Dawn.

Notes :

1 – « Laura » lui-même, est un prénom qui s’apparente, par le son, à « l’Aurore » ou « l’Orée ».

2 – Jean-Michel Jarre. En voilà encore un qui est comique politiquement parlant.

En 2018, il s’oppose, sur Sud-Radio, à toute forme de boycott, évoquant sa mère qui refusait de confondre peuple et idéologie. Et le 16 juillet 2020, il déclare sur RCF, une radio associative (il en existe encore quelques unes) de tendance chrétienne du Nord de la France, avoir la résistance tatouée dans ses gênes. Sic.

Tout ceci est éminemment sympathique, sauf que son absence de boycott et sa résistance semblent singulièrement se limiter à ce qui ne mange pas de pain, comme on dit, et a entretenir son fond de commerce et ses aficionados. Celui de l’air (dominant) du temps.

Regardons ce qu’il en est concrètement.

En 2016, il aurait collaboré (à quoi je l’ignore) avec Edward Snowden, ce qui n’était pas une grande prise de risque puisque Snowden, grâce à la Russie il faut le rappeler, a pu échapper à la prison étatsunienne (ce qui n’est malheureusement pas encore le cas d’Assange).

En 2017, il a eu l’outrecuidance ou la bêtise de prétendre vouloir faire de sa musique un contre-pouvoir à Trump ! Ce qui n’a aucun sens, ni idéologiquement, ni politiquement, ni musicalement.

En 2019, il a déclaré vouloir aller faire de la musique en Corée du Nord et en Iran, apparemment sans suite. En mars 2020, il a joué dans le désert saoudien d’Al-’Ula ce qui n’est la preuve de rien, finalement. Il y a 50 ans Pink Floyd a joué à Pompéi, qui lui est un lieu de culture.

Puis les confinements venus, il a donné là toute sa mesure ; il a fait partie de toute cette ribambelle de malins qui ont fait des concerts devant des salles vides, depuis chez eux, sur YouTube, etc. avec billetterie si nécessaire. Les « artisses » collabos. Et intéressés.

Lui, on l’a vu par exemple, se substituer au feu d’artifice de la Tour Eiffel pour le nouvel an 2021, avec un concert depuis une Notre-Dame virtuelle. Comme on lit sur le site de France-Inculture : « l’occasion pour le musicien de profiter de la pandémie pour continuer d’innover. » Profiter, oui, c’est le mot. Mais s’exprimer sur le covidisme, surtout que nenni !

À la sortie de la mascarade, c’est encore lui qui présidait à un spectacle de musique électronique, dans la Cour d’honneur de l’Élysée, lors de la Fête de la Musique. Je ne sais pas vous, mais moi ça me fait penser immédiatement à la Cour du roi Soleil, à Versailles. Avec tous ses larbins cultureux. « Un symbole après la mise à l’arrêt du secteur culturel à cause du coronavirus. » comme l’écrit le site de BFM. Oui, un symbole, c’est sûr ! Mais un symbole de quoi donc, exactement ?

Et sa résistance semble assez limitée. Il s’en ai pris à zemmour à la télé en 2022, ce qui ne coûte rien et n’engage pas bien loin. Et par contre, en avril dernier, il a fait partie du voyage catastrophe de marcon en Chine.

Précisons qu’en mars 2019, il faisait déjà partie d’un dîner à l’Élysée lors d’une visite de Xi Jinping, en compagnie de sa dernière conquête, l’actrice chinoise Gong Li.

3 – John Bryan est un homme d’affaires texan, ancien millionnaire qui a subi une banqueroute et que l’on dit aujourd’hui ruiné, qui fut le conseiller financier et l’amant de Sarah Ferguson, la duchesse d’York, autrement dit l’épouse du prince Andrew, le troisième enfant de la reine Élisabeth. leurs frasques à Saint-Tropez, leur liaison sulfureuse étalée au grand jour dans les pages illustrées des tabloïds anglais, l‘été 1992, entraîna après leur séparation, le divorce entre le duc et la duchesse d’York et le bannissement de Sarah Ferguson de la famille royale. Bien que toujours divorcés, il se dit que les deux ex-époux revivraient à nouveau, depuis longtemps déjà, sous le même toit.

Ces dernières années c’est Andrew qui est passé à la casserole quand il s’est retrouvé mêlé aux histoires peu reluisantes d’Epstein. Il y perdit tout engagement public officiel. Début 2022, on lui a même enlevé ses titres militaires dont celui de vice-amiral honoraire (il a servi dans la Royal Navy) et n’a plus le droit d’utiliser le titre d’« altesse royale », sur décision de sa mère, peu de temps avant la mort de cette dernière. Certes, cela n’a pas été plus loin… Faut quand même pas exagérer avec les « gensss » de qualité …

4 – forme de gestion de toutes sortes de patrimoines individuels ou collectifs, sur des objectifs précis, par des sociétés assimilées à des banques.

From → divers

Commentaires fermés