L’OCCIDENT CONTRE L’EUROPE
Le sénateur étatsunien républicain, lindsey graham aurait donc déclaré à Kiev que l’argent des États-Unis était bien dépensé en Ukraine puisqu’il permettait de tuer des Russes. La propagande locale en a profité pour en rajouter un max et en faire un montage d’ignoble propagande.
Xavier Moreau a fait cette semaine [voir bulletin n°136 de Stratpol du 31 mai 2023, entre 34 et 37 minutes environ] une très bonne analyse, un très bon résumé de l’état du problème en précisant que ce propos de lindsey graham est le fait de « ce fanatisme puritain nord-américain, donc issu des « pères pèlerins » (Pilgrim Fathers), qui ont débarqué au XVIIe siècle aux [futurs] États-Unis et qui se sentent investis d’une mission sacrée à l’image des Juifs de l’Ancien testament qui arrivent en Terre promise.
« D’ailleurs, le protestantisme est un judéo-christianisme dans le sens où 1) il n’y a pas pardon des offenses, 2) il y a de la prédestination, et on voit bien…
« Parce qu’on n’entend pas la même chose du côté russe. On n’entendra jamais un sénateur russe dire qu’il font donner de l’argent pour tuer des américains, à la limite « tuer des soldats américains », et encore c’est excessif, mais vous n’entendrez jamais un sénateur russe aller dans les excès que l’on peut entendre chez une partie de l’élite [sic] américaine.
« Et enfin, ce à quoi on assiste est à un combat de civilisation entre la civilisation judéo-chrétienne [où le catholicisme occidental et la papauté romaine se sont noyés] et la civilisation helleno-chrétienne – qui connaît le pardon des offenses, – qui ne connaît pas la prédestination, – qui pense que l’on sera sauvé par les actes positifs qu’on aura fait sur cette Terre.
« Encore une fois, ce qui se passe en Ukraine aujourd’hui c’est vraiment l’Occident contre l’Europe, plus que jamais ; mais d’une certaine manière on peut dire que lindsey graham a raison parce que, effectivement, l’argent américain, l’argent de l’Union Européenne et … de la France est argent qui tue des Russes.
« Et des Russes des deux côtés, parce que des deux côtés de la ligne de front, c’est des Russes ; c’est des ressortissants du monde russe qui sont dressés les uns contre les autres.
« Alors, je mets de côté tous ceux qui viennent des territoires rattachés par Staline en 1939 et en 1945, qu’il eût mieux valu laisser à la Pologne, notamment : la Galicie et la Volhynie, où là il y a vraiment … on élève les enfants dans la haine de la Russie et des Russes. J’ai eu des témoignages il y a pas longtemps, à Donetsk, de gens qui ont mon âge [une petite cinquantaine] qui se souviennent à cinq ans aller dans un sanatorium à Lvov, se faire insulter, refuser d’être servis. Il y a vraiment une haine rabique [rageuse] chez ces gens-là.
« Alors que, finalement, entre le XIIIe siècle et le malheureux rattachement de Staline que tout le monde lui déconseillait, de la Galicie et de la Volhynie, et bien les Russes n’ont pas été en contact, quasiment jamais avec ces gens-là.
« [Tout ce qui arrive en ce moment] c’est le pouvoir de l’argent. »
Le retour de Lvov et sa région à la Pologne est une idée qui est développée non seulement par des politiciens polonais mais par un certain nombre de Russes, en particulier par Dmitri Medvedev (voir article du 27 mai dernier).
Dans une certaine opinion publique russe, il semble également exister une volonté de voir l’armée russe non seulement retourner à Kiev, mais finir la guerre du côté de Lvov. C’est ainsi l’idée récemment énoncée par Douguine.
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