Aller au contenu principal

IL EST CINQ HEURES…

28 décembre 2022

Avant-hier, en voulant essayer un petit piano électrique, cadeau du Père Noël pour le plus grand de mes petit-fils, j’y ai joué quelques notes de l’un des grand succès des Aphrodite’s Child : It’s five o’clock. L’un des rares morceaux que je sais encore plus ou moins jouer sur un clavier.

Puis, je ne sais pourquoi, je me suis rendu compte d’un seul coup en pensant au sens, en français, du début de cette chanson en anglais (It’s five o’clock / And I walk / Through the empty streets), rapprochement que je n’avais encore jamais fait jusqu’à maintenant, pour quelle raison ?… que cette histoire de 5 heures … du matin se trouvait aussi dans la rengaine (je dis rengaine, car on l’a tellement entendue autrefois !) chantée par Dutronc.

Mais qui a copié qui, me suis-je dis ?

En fait, il s’avère que la chanson française est du tout début de l’année 68, tandis que la chanson hellèno-anglaise est de 1969.


*
https://www.youtube.com/watch?v=3WcCg6rm3uM&t=9s

18 avril 1968. « Il est cinq heures… Paris s’éveille. »

Jacques Dutronc chante « Il est cinq heures, Paris s’éveille » accompagné par l’orchestre de… Raymond Lefevre, comme il se devait toujours à l’époque, à la télé.

La mélodie est de Dutronc ; les paroles, inspirées de la chanson « Tableau de Paris à cinq heures du matin » écrite en 1802 par Marc Désaugiers, sont de Jacques Lanzmann et Anne Ségalen.

« Je suis l’dauphin d’la Place Dauphine / Et la Place Blanche a mauvaise mine ». Voilà également que je me rends compte que je n’avais jamais vraiment écouté (pour le sens) l’entame de cette chanson. Il y a donc un dauphin sur la Place Dauphine et aussi sans doute une pièce d’eau. La seule période où j’ai été quelquefois à Paris est tellement loin : entre 1974 et 1980 ou 81, je ne sais plus trop.

Restes de souvenirs en moi ancrés de ma première visite à Paris, de mes déambulations, seul dans la ville, parmi de vieux quartiers que « l’on » démolissait déjà à tour de bras pour certains, ce qui me dégoûtait déjà de la capitale (c’est l’époque environ, où Debord a quitté Paris pour cette même raison).

J’allais alors m’inscrire en « maîtrise » (la maîtrise n’existe plus je crois) à la Fac de Vincennes, depuis longtemps détruite également, paraît-il, et dont les alentours étaient un haut lieu de la prostitution ; et je dormais dans la gare Montparnasse, laissant une partie de mes faibles bagages à la consigne, ce que je ne ferais plus maintenant. Quartier latin, Le Louvre, le Muséum d’histoire naturelle, le Père Lachaise : le plus émotionnant.

Tiens, je pourrais en faire une chanson. Tandis que ceci me fait toujours penser au poème « Le Cygne » de Baudelaire. « Le vieux Paris n’est plus »… Déjà de son temps, et de tout temps finalement.

*

1969. It’s five o’clock ».

Les Aphrodite’s Child. Ce groupe, plutôt éphémère des années – de copains de lycée, du moins à l’origine – parti de Grèce pour rejoindre l’Angleterre, ne dépassa jamais Paris à cause des « événements » de Mai 68. La France y a gagné le chanteur de variétés feu Demis Roussos. Le claviériste très « années soixante » feu Vangelis, qui est mort à Paris il y a très peu de mois, a partagé sa vie entre Grèce, Paris et Londres. Les deux autres membres du groupe étaient le batteur Lucas Sideras et le guitariste, absent sur cet enregistrement, Silver Koulouris qui ont continué chacun de leur côté dans le monde de la musique.


https://www.youtube.com/watch?v=bWKQyQ3aCpk


From → divers

Commentaires fermés