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Petit retour, en complément à un article d’hier

13 août 2022

Pépé. N’étant plus au fait de la longue fin de carrière déclinante qu’il a entamé disons depuis les années soixante-dix quatre-vingt, quand il a fini de gouailler, je me suis dis : écoutons donc quand même, il n’est jamais trop tard pour se faire une idée de ses « chansons engagées » que je ne connais pas, ou pire, dont je n’ai pas remarqué qu’elles étaient engagées.

J’ai donc écouté après l’intro (en musique disons « arabe ») de « la femme grillagée » de Pépé, le début de ses propos. Je n’ai pas pu aller au-delà du premier couplet.

C’est effroyablement mauvais et doucereux sans aucun engagement. Tellement facile de critiquer ce qui se passe ailleurs mais jamais ce qui se passe ici. Chez nous, en mal ou en tragique.

C’est l’esprit classique de toute une ribambelle de « progressistes » qui trient les peuples et trient même au sein du leur. Et qui trouvent, à l’occasion, leur petit bonheur parmi des talents étrangers — préférentiellement à des talents locaux. C’est-à-dire, des gens — bons ou mauvais — qui leur ressemblent comme deux gouttes d’eau et qu’ils adulent lorsqu’ils fuient leur pays et viennent faire carrière en Occident.

Est-il utile de ressasser ce que tout le monde sait et n’approuve certainement pas, mais qui existe hors de chez nous ? Ne serait-il pas plus sensé, intelligent, et vraiment engagé de dénoncer d’abord les femmes et les hommes grillagées, engrillagées, dans notre propre pays ? Mais ces chanteurs les voit-ils ?

Avec tous les sens possibles à donner aux mots « grilles » et « grillages » ? Et je pense à bien d’autres choses que le burkini par exemple. Mais tout simplement à la simple — apparemment éternelle — exploitation capitaliste, domination idéologique, politique, culturelle ; et à la bonne vieille répression des nantis à l’encontre des soumis et des gueux ? Ici et maintenant. Ou prévisiblement demain. Non là-bas et hier.

Je peux même dire qu’inciter à la compassion pour l’ailleurs et l’étranger, tout en ignorant les malheurs du voisin ne vaut pas tripette.

C’est l’expression même d’un conformisme, d’un confort « intellectuel » qui se termine, comme chez Pépé, par déclarer (puisque notre société serait quasi parfaite et douée intrinsèquement de raison) en donneur de leçon « à l’américaine » (on voit ce que cela donne de malheurs en plus et subséquents, depuis une éternité, je veux dire plusieurs décennies), non seulement au monde entier mais à certains de ses propres concitoyens, et d’une manière concise et dogmatique : « Celui qui ne se fait pas « vacciner » (chez lui, il n’y a pas de guillemets) c’est un beau crétin ».

Il s’agit d’un boui-boui bien crado
Où les mecs tous foutus collabos
Se rinc’nt la cloison au Pfizer maison,
Un Bercy pas piqué des hann’tons.

Temps en temps, y ’ a un vieux au pognon
Qui nous dit gentillet, tout mignon :
« Qui s’fait pas piquer, piquouser est con
Croyez-en un poteau à macron. »

Au Tord-Boyaux
Le patron s’appell’ Pierrot
Il est baveux du cerveau,
Ce qui en fait un dévot.

Chanteur à œillères, parfaitement intégré à la bourgeoisie dominante, en admiration béate et religieuse devant la Science ou la présupposée science invariablement infaillible, bonne et généreuse, humaine ! Et au sein d’une présente société française, en pleine déliquescence, qui serait encore un bon et valeureux modèle universel à suivre.

From → divers

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