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ÉTENDARD ET SI PEU D’ART !

14 février 2022

Un anonyme sur Twitter :

Les policiers verbalisent plusieurs personnes avec des drapeaux français sur les #ChampsElysees. #convoisdelaliberte

Florian Philippot :

Dans quel autre pays du monde la police verbalise-t-elle ses compatriotes qui ont un drapeau national ?!

La Macronie est un régime ordurier. Il finira logiquement aux poubelles de notre Histoire !

(JPF) Par contre j’ignore si des Résistants se promenant aux Champs Élysées (sic) avec un autre drapeau, d’une autre nation, d’une idéologie particulière politique ou syndicale, ou d’une région, par exemple un drapeau breton, ont été verbalisés.

À ce compte, toutes les personnes (police y compris) arborant des cocardes officielles tricolores (mais en existe-il encore ?) ou tous les maires laissant flotter des drapeaux tricolores aux portes des mairies ou sur des monuments officiels devraient être verbalisés.

Au fait, savez-vous qu’il est des personnes qui ont eu déjà des ennuis pour avoir détruit ou chapardé des drapeaux « européens » sur des bâtiments.

À propos de drapeau européen, un ami roumain me dit il y a quelques années quand la dégueulasserie « européenne » était moins visible : — « C’est quoi ce drapeau ? » me montrant un drapeau perché en haut d’une place. C’était le torchon de la dictature européenne. — « C’est le drapeau européen » — « Mais pourquoi ? » me questionna-t-il encore. Oui, pourquoi ?

J’ai connu quelques-uns qui se sont retrouvés au Tribunal pour avoir détaché un drapeau tricolore au portail d’un gendarmerie. Mais, les faits remontent aux années soixante-dix.

De nos jours l’usage du drapeau tricolore en public, et la Marseillaisse (toujours le seul premier couplet) ne sont-ils réservés qu’aux supporteurs de football ou de rugby ? Et encore de préférence uniquement lorsque nos équipes nationales gagnent… ?

Pour mon cas, le drapeau que je préfère sans doute est le drapeau noir : le drapeau de la misère et du désespoir. Malheureusement dévoyé depuis un certain nombre d’années par des tarés et autres obtus : petites têtes à idées très courtes et bornées. Et graines de collabos du mondialisme globalisant qu’ils confondent avec l’internationalisme des différences.

Et si comme disait Ferré : « Le drapeau noir, c’est encore un drapeau ! », à mon goût la meilleure définition du drapeau noir demeure quand même celle poétisée par Baudelaire :

Spleen IV

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l’esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l’horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;

Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l’Espérance, comme une chauve-souris,
S’en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;

Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D’une vaste prison imite les barreaux,
Et qu’un peuple muet d’infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.

– Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme; l’Espoir,
Vaincu, pleure, et l’Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.

Et chanté par ce même Ferré :

Bien qu’on l’entende, comme je l’ai écrit récemment, prendre quelques libertés avec la prosodie poétique classique. Ainsi il fait de l’alexandrin « Où l’Espérance, comme / une chauve-souris », un dizain irrégulier : « Où l’espéranc’ / comme une chauv’-souris ». J’ai cru ouïr deux ou trois autres licences de cet ordre en passant. Ferré a toujours détesté le « e » muet de l’oral, comme une bonne partie de la chanson française d’après-guerre, qui était d’ailleurs déjà en partie contaminée avant-guerre.

Pourtant, bizarrement, mais c’est la musique qui l’impose un peu, il ajoute un treizième pied aux rimes féminines, du moins à celles qui se terminent par une consonne suivie d’un « e » final. Couver-cle, cer-cle, humi-de, timi-de, musi-que, despoti-que.

Dernier rappel : l’orchestration, je me répète, n’est pas de Ferré mais du compositeur et arrangeur Jean-Michel Defaye.

From → divers

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