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LES STRINGS DANS L’ENTRECUL DE FLAVIE FLAMENT

25 juin 2020

Entrecul est le titre d’un hors-série de la revue Entrevue, créée en 1992, conjointement par Gérard Ponson et Thierry Ardisson, sous le titre premier de Interview (mais elle dut changer rapidement de nom à la demande d’une revue américaine plus ancienne au titre éponyme).

Si on ne présente plus Thierry Ardisson, le grossier monarchiste de la « téloche » accusateur public qui, entre autres a diffamé et insulté publiquement David Hamilton pour le compte de sa potesse Flavie Flament *, disons quelques mots de Gérard Ponson. C’est un vulgaire « patron de presse », ou plus précisément un vulgaire patron de la presse vulgaire, crade et poubelle revendiquée (« trash » diront certains pour faire plus snob et mode) et assumée comme telle, et de la presse jeune et masculine spécialisée dans les photographies dénudées de « célèbres » actrices, chanteuses ou modèles, et autres misses. Avec, de préférence, quelque petit scandale à la clef.

Dans les années quatre-vingt, Ponson a commencé à faire carrière du côté « socialiste » en tant que directeur de la Lettre J (avec J pour « jeune » et … Pierre Bergé comme financeur) des adhérents de la MNEF, la mutuelle étudiante disparue depuis, en 2000 suite au scandale financier que l’on sait. Il a également travaillé quelque temps avec Jack Lang.

À son actif on compte donc tous les torchons morts ou vivants tels que Entrevue, Frou-Frou (qui n’a rien à voir avec le Frou-Frou des années Dix-neuf-cent), Maximal, Choc, Guts (Tripes en anglais, tout un programme encore!), etc. sur Internet. Bien évidemment toute cette brillante littérature est chaperonnée — Saluts les Copains ! — par le groupe Hachette-Filipacchi-Médias qui mérite pourtant mieux que ça pour la qualité artistique de certaines de ses revues. L’« ours » d’Entrecul fait même de Mario, dit Daniel, Filipacchi son président d’honneur ! Et l’on y voit, mieux encore, y figurer, tenez-vous bien … un directeur artistique !

Pour en revenir, ou plutôt en venir plus précisément à cette histoire d’Entrecul (hors-série d’Entrevue), il faut savoir que celui qui nous intéresse ici, est celui de Flavie Flament, autrement dit celui de juin-juillet 2003, 4,50 euros pour 84 pages glacées de nullité grasse, pas même un peu drôle, de sous-sous-sous Hara-Kiri, et de plus convenu que les jeux de mots laids de l’Almanach Vermot.

2003, c’est l’époque où « la petite fiancée de la télé » était encore dans sa bienheureuse période flavienne, et n’était alors en aucune façon la stressée post-traumatique qu’elle est devenue quand elle a commencé à passer de mode dans le petit monde pipole. 2003, c’est aussi une époque où Ardisson avait revendu depuis plusieurs années ses parts dans ce projet grandiose d’Entrevue qui bien vite le desservit. En effet, dès 1995, son but étant de rejoindre les plateaux de télé, il pouvait difficilement se permettre de cracher publiquement sur la télé, et plus précisément d’y glavioter sans talent aucun, au ras des pâquerettes, et il vendit donc ses parts à « l’artiste » Ponson qui semble-t-il a revendu un titre devenu moribond en 2012 qui lui-même a été revendu en 2015.

Les grands faits d’armes du mensuel Entrevue et de son supplément Entrecul tiennent en ces lignes :

1992 : la revue vend à 200.000 exemplaires ; le 14 décembre 2000 : la 14e chambre correctionnelle du tribunal de Nanterre condamne Michel Alvès da Cunha rédacteur en chef adjoint de la revue, à 50 000 francs d’amende, sanctionnant un faux reportage consacré aux banlieues chaudes ; 2001 : année de folie, la revue montre les coulisses d’émissions de « télé-réalité » comme Loft Story (M6) et Star Academy (TF1), les ventes grimpent et se tiennent toute l’année à 455.000 exemplaires mensuels ; rentrée 2005 : début de la chute des ventes ; courant 2009 publications de photos à caractère pornographique de Miss Paris 2009, sorties de leur cadre privé ; rentrée 2009 : redressement judiciaire ; 2010 : le magazine est condamné à verser à Miss Paris 2009 (qui sera finalement réintégrée dans ses droits au titre) 7.000 euros de dommages et intérêts ; février 2012 : liquidation judiciaire, avril 2012 : premier rachat de la société éditrice ; février 2015 : second rachat.

Donc, si je vous dis qu’Entrevue relève en grande partie de la presse bas niveau, pour ne pas dire caniveau (moins le côté charme, et encore) de quoi relève donc son hors-série Entrecul ? Ben ! D’une sorte de néant que certains n’hésitent pas ou n’hésitèrent pas à acheter régulièrement.

La revue Entrecul a été voulue comme une parodie de la revue Entrevue ; comme la revue Entrevue est déjà du domaine, du «concept» (terme employé par ceux qui ignorent tout de la philosophie) du caniveau ou des nénettes plus ou moins affriolantes, Entrecul n’est jamais qu’un sous-pastiche, en assemblages de fonds de tiroir, d’Entrevue.

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Présentement, il s’agit de la promotion du mot Q. Puisque sur la page entière (page 36) où la pseudo Flavie Flament « subit » une pseudo-entrevue, le texte se résume en une série de questions « d’humour », « d’esprit » sous-potache rebattues telles que :

Tu portes des strings ?

Non. […]

C’est le côté ficelle de string qui t’embête ?

Mais non ! J’aime pas, j’aime pas c’est tout. Après chacun fait ce qu’il veut. […] Et si on parlait d’autre chose, il y a beaucoup plus intéressant que mes sous-vêtements !

OK ! tu fumes du shit?

Remarque en passant : cette revue utilise un français très relâché, basique pour demeurés, sujet-verbe-complément en mots simplissimes (elle ignore par exemple totalement le « ne » de la négation qu’on se saurait négliger lorsque l’on écrit), mais aussi farci d’anglicismes ou pseudo-anglicismes de l’air du temps.*

Bien évidemment, comme on peut le lire, les « strings » dont il est question ici, sortes de ficelles (l’un des sens de ce mot en anglais) ou de cordes (autre sens), cache-entrecul (sic) ne relèvent pas des chapelets (autre sens encore du mot strings) destinés en particulier aux Filles du Saint Rosaire.

Il y a également, pages 38 et 39, une pseudo-entrevue avec Benji Castaldi, son affligeant mâle officiel d’alors. Du même niveau. Et il y a quatre-vingts pages de cet acabit sur Entrecul.

Rappelons quand même qu’il a fallu l’accord de la « traumatisée mémorielle » pour qu’elle autorise ce… « mémorial » risible (sans drôlerie), grotesque (sans humour) et banalement vulgaire. Pas moins d’une autorisation pour chaque photographie, même et encore plus comme photo-montage, « droit à l’image » oblige.

Je ne sais pas ce qu’il en était de la loi en 2003, en ce domaine ; mais de nos jours l’article 226-8 du Code pénal prévoit une peine maximale de 15.000 euros d’amende et un an d’emprisonnement pour les personnes qui diffusent un montage réalisé avec l’image d’une personne non consentante.

Soit Flament fut consentante, soit elle s’en moquait, ce qui revient au même et montre le niveau assez bas de sa conscience. Ou de son goût pour l’argent et la gloriole d’un jour. Elle aime à répéter qu’elle ne veut être entretenue par aucun homme et veut son indépendance. Préférant se vendre à la presse pipole. Et faisant plus généralement carrière – ceci dès le plus jeune âge et dès Miss OK ! – dans le monde médiatique de la presse et de la télévision, grâce à ses «appâts» comme on disait autrefois.

Ce que j’aurais envie de conclure c’est que la médiocrité attire la nullité, ou que l’on ne respecte que les gens respectables. Dans le marigot sans élégance du spectacle très largement parisien, ou toutes les formes d’exhibitions et pochades des plus dévaluées s’affirment à fond : « artistes » de variétés et du cinéma, présentateurs de télévision, animateurs de radio, presse, publicitaires et politiciens (plus forte concentration au mètre carré en France de toutes ces engeances réunies) ou le copinage pour ne pas dire la consanguinité marche à fond, il n’est d’ailleurs pas étonnant de voir une Flavie Flament de toc encore plus dévaluée sur un tel torchon éditorial.

Qui se ressemble, s’assemble, se fréquente et rit en commun des mêmes médiocrités, nullités ou vulgarités. Je rappelle ici un précédent article où j’évoquais déjà le goût marqué de notre Flavie pour les petits dessins de bittes d’amarrage jongleuses. Pas traumatisée pour un sou alors, la nana ! Celle qui, il y a plusieurs années maintenant, aimait à plus soif (et sans doute à plein fric) s’exhiber à grand tirage dans la presse pipole. Il est vrai qu’elle est (cette féministe acharnée, dit-on) un pur produit de la promotion par le sexe. Légère contradiction dans les termes, à moins que ce ne soit dans les thermes et autres hammams. Les photos ici (en couverture et page 37), même si ne ce sont que des photos-montages, des trucages d’Entrecul, ne plaident certes pas pour le « traumatisme » d’une « violée » mais pour le carriérisme sexuel et un insigne mauvais goût.

Nous avons d’ailleurs déjà évoqué plusieurs fois le côté obsession sexuelle de beaufe ou beauffe (féminin de beauf) ** de ce personnage.

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Sam Bernett est un ancien journaliste, animateur de radio et propriétaire de boîtes de nuit parisiennes, qui vient d’écrire ses mémoires. À ce titre il était l’invité de l’émission matinale d’Europe 1 du 13 juin dernier, où il expliquait, vers 9h50, qu’en 1970, alors qu’il était le jeune animateur du concours « Mademoiselle Age Tendre », l’ancêtre de « Miss O.K », l‘élue, 16 ans, étant montée sur le podium, il lui demanda devant la nombreuse et familiale assistance ce qu’elle comptait faire maintenant. Elle lui répondit : « Je suis [sous-entendu : déjà] streap-teaseuse dans un club de Genève… »

Combien de ces petites Miss ont fini par déraper dans l’exhibition sexuelle et vivent de leur corps, faisant carrière dans les revues à papier glacé pour hommes, érotiques voire pornographiques ? Tout en étant de farouches féministes pour certaines !

Flavie a eu plus de chance, si l’on peut dire, en ce type de promotion

Notes :

* Ardisson (d’ailleurs présent lui aussi en couverture de cet Entrecul), l’indigné à géométrie variable, est celui qui plaisantait sur la pédophilie avec Beigbeder au sujet de Matzneff (je crois), mais qui fut toujours copain copain avec Fla Fla, qu’un pote ex-associé à lui exhibait en couverture et intérieur de l’EntreQ, avant de mettre en œuvre la mise en scène de l’émission contre David Hamilton (le mauvais et prétendu détourneur et violeur de mineures de quinze ans).

** Ajout encore du p’tit lexicographe – Le blog en Défense de David Hamilton, se demandait il y a peu de jours : Faut-il écrire Miss Beauf (F) ou Miss Beauffe (FF) ?. Moi, je pencherais pour Miss Beauffe avec deux F, comme les deux F de « Fla Fla » ou « Flavie Flament », et un « e » final pour faire plaisir (façon de parler) à ceux et celles qui restent persuadés que le « e » est une marque grammaticale spécifique et dans tous les cas « obligée » du féminin. J’ai déjà évoqué ce genre de chose dans un précédent article sur le masculin, le féminin et le neutre en français.

Je laisse encore ici à la réflexion de chacun : pour deux malheureuses « heure » et « demeure », combien de « fleur », « chaleur », « sueur », « valeur », « pâleur », « lenteur », « lourdeur », « couleur » … ? Pour quelques malheureuses « jetée », « pâtée »… combien de « liberté », « égalité », fraternité », bonté », malhonnêteté », « vérité », « religiosité », « curiosité », « pitié », « gracieuseté », « puberté », « sobriété »  ? Enfin pensez-vous que nous puissions écrire : un athée, une athéee ?

Pour revenir à : un « beauf », une « beauf(f)e, il faudrait d’ailleurs peut-être écrire : un beauf, une beauve – l’ensemble des individus de ce type étant alors des beauvins et des beauvines. Du moins, si l’on s’en tient à l’étymologie masculine : « beau-frère ». Mais si l’on prend « belle-sœur », son apocope est « belle-s » (bèls’). Mon beauf’ et ma bels’.

Personnellement, je range également dans la famille des beaufs, les bobos (mais pas les bonobos) transformés en beaux-beaufs, variété « supérieure », « suprême » du beauf courant.

From → divers

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