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L’HISTOIRE D’UN TOMBEAU HAMILTONIEN

21 août 2019

Savez-vous, non ! vous ne vous en doutez pas, qu’ « ils » mettent des livres et des DVD – envoyés par les éditeurs en franchise postale, comme le réclame le Code du patrimoine – à la poubelle… ou dans leurs poches, à la Bibliothèque Nationale de France ?

Pour faire simple, voici un échange de courriels que j’ai eu avec cette « digne » institution.

*

Le 3 août, envoyé à la BNF :

Madame/Monsieur,

Cela fait trois fois (la première était en fin 2017 ou début 2018, la dernière en février 2019) que je vous ai envoyé une plaquette accompagnée d’un DVD (images et vidéos) avec une déclaration de dépôt légal en trois exemplaires, comme je l’ai déjà fait plusieurs fois.

Cette plaquette a pour titre Le Tombeau de David Hamilton.

J’aimerais savoir pour quelle raison ce titre n’est pas encore inscrit dans vos fichiers, après ces divers envois.

J’ajoute, ce qui est encore plus étrange, que je n’ai jamais reçu, pour ces trois envois, aucun accusé de réception de votre part.

Cela ne m’est jamais arrivé pour tout ce que j’ai pu vous envoyer par ailleurs.

Merci de m’expliquer le pourquoi.

Jean-Pierre Fleury.

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Le 7 août, première réponse de la BNF :

Monsieur,

Votre courriel ne concernant pas le service du dépôt légal des livres imprimés, étant donné que la plaquette mentionnée accompagne un DVD, je le retransmets à mes collègues du département de l’Audiovisuel, qui répondront directement à votre demande.

Avec mes meilleures salutations.

Carole Afarki

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Le 8 août, seconde et définitive réponse de la BNF :

Bonjour Monsieur,

Nous n’avons pas trouvé trace d’un envoi du document intitulé « Le tombeau de David Hamilton » en 2017 et 2018 mais bien d’un envoi reçu en février 2019 en deux exemplaires. Ces deux exemplaires ont été mis de côté dans l’attente de son traitement  par nos services. Les supports audiovisuel nécessitent généralement un traitement plus long que les supports imprimés.

Je vous informe donc que ce document composé sous cette forme éditoriale et dont la forme matérielle ne permet pas une conservation pérenne n’est pas soumis au dépôt légal multimédias.

Je vous renvoie vos deux exemplaires par le courrier postal.

Cordialement,

Gilles Rodrigues

Bibliothèque  de France

Département de l’Audiovisuel

Dépôt légal multimédias

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Le 18 août j’écrivais alors ceci à la BNF :

Noté,

Merci alors de le faire parvenir au dépôt légal livre, puisqu’il s’agit quand même, aussi d’un document imprimé.

Bien à vous.

Jean-Pierre Fleury.

*

Bien évidemment samedi dernier, le 17, je trouvais en retour, dans ma boîte aux lettres, et sans autre explication, les deux exemplaires de cette plaquette !

J’ignore ce que veut dire : « dont la forme matérielle ne permet pas une conservation pérenne ».

Et j’apprends donc que l’on peut refuser des ouvrages à la BNF.

Je ne vais pas en rester là et je vais tenter un nouvel envoi comme j’avais fait de précédentes fois au « dépôt livre » sans mentionner le DVD ou en précisant (même si ce n’est pas le fond de ma pensée) que « peu me chaut que le DVD qui l’accompagne se conserve ou non d’une façon perenne ».

Je précise que j’ai déjà envoyé, la première fois il y a une vingtaine d’années, plusieurs livres accompagnés de DVD à la BNF et que jusque ici cela n’avait jamais posé de problème.

Enfin, je ne suis qu’à demi surpris de ce qui arrive à ce petit Tombeau. J’ai pu constater nombre d’approximations, d’erreurs ou d’oublis dans les fichiers de la BNF ; j’ai pu voir aussi le niveau pas toujours élevé de certaines expositions ou campagnes d’information de cette vieille dame qui tourne à la vieille dame indigne. Ou par exemple, sa récupération minable de l’œuvre de Guy Debord (il faut le dire grâce, ou à cause de sa veuve vénale).

Je ne peux oublier que tout n’est pas perenne (sic) aux niveaux des instances supérieures de la BNF, très marquées par le style bobo, quand il ne s’agit pas tout simplement par la délinquance en col blanc et l’irrespect total du patrimoine.

Qui a entendu parler ces dernières années (on a évité au maximum les vagues !) de ce technocratique chef de service de la BNF qui n’a pas trouvé mieux que de « refaçonné », découper, modifier, tailler dans le parchemin la présentation d’un manuscrit du moyen-âge, prestigieux et invendable car répertorié, pour le revendre aux États-Unis à un collectionneur malhonnête (ou plus exactement « placeur d’argent ») ?

Certes, avec notre Tombeau, il ne s’agit ici que d’un tout petit ouvrage de création et de collationnement d’images et de vidéos ; un petit Tombeau.

Quant au vrai tombeau, c’est une autre histoire ; ne comptez pas sur moi pour vous dire où il se trouve. Il y a trop de crétins sur Terre qui pourraient le profaner.

En attendant…

– Tout fout le camp, Madame Michu !…

– À qui le dites-vous, Monsieur Piplet ?!

From → divers

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