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Feuilleton Vincent Lambert ; nouvel épisode : TANT VA LA CRUCHE À L’EAU …

24 mai 2019

Hier sur le site agora vox (vox populi, vox dei ?) je suis tombé sur un article du 22 courant, absolument délirant, hallucinant, concernant le sort qu’il serait bon de réserver à Vincent Lambert. c’est ici :

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/affaire-lambert-notre-corps-notre-215297

Je n’en aurais pas parlé si son auteur ne se présentais pas ainsi :

Chalot.

Je suis un militant laïque d’éducation populaire […] Je suis aussi élu municipal et adhérent à des associations laïques […] je n’interviens ici qu’à titre personnel […] je défends une orientation révolutionnaire, lutte de classes.

Déjà quand quelqu’un se présente comme militant (de n’importe quoi) j’ai envie de fuir. Mais passons. Ce que je vais vous donner à suivre ce sont quelques morceaux choisis dudit « révolutionnaire » municipal qui est encore un exemple de la déliquescence utilitariste et intolérante atteinte par ladite gauche en général et l’extrême gauche en particulier. Je recopie des morceaux choisis de l’ayatollah et compagnie :

1 / Je commence par noter que son texte est un communiqué d’association, le CNAFAL (qui m’est totalement inconnu), et signé collectivement par : Jean-Marie Bonnemayre, Président du CNAFAL ; Jean-François Chalot, Secrétaire Général ; Marie-Odile Pellé-Printanier, Vice-Présidente. Que des viocs donc, dont les prénoms suintent le vieux soixante-huitard, qui aime se donner des titres, sans doute repu de tout et pré-sénile. C’est juste un constat ; moi-même n’étant plus très jeune, mais non repu de tout, et n’ayant pas fait carrière soixante-ou-post-soixante-huitarde.

C’est sans doute ce que Chalot entend par : je n’interviens ici qu’à titre personnel.

2 / Puis je note des idées qui ne sont pas en cohérence les unes avec les autres.

Nous avions regretté qu’elle [la loi Clays-Leonetti] n’aille pas plus loin, en donnant à chacun le droit souverain de choisir sa manière de mourir et « l’heure de sa mort », lorsqu’aucune [sic] thérapeutique ne peut être efficiente et lorsque le sujet n’a plus de conscience.

Déjà que veut dire « choisir sa manière de mourir » ? Il y a peu d’années, un pilote allemand a choisi sa manière de mourir en entraînant dans son suicide tous les passagers de son avion. Est-ce justifiable ?

Et quel sens donner à « l’heure de sa mort » quand on n’a plus de conscience ?

3 / Je cite encore :

Comme nous le pressentions, l’incomplétude de cette loi qui n’autorisait ni l’euthanasie, ni le suicide assisté, nous conduit à un imbroglio juridique, qui nous ramène en arrière.

Je note qu’il n’est plus question de « choisir sa manière de mourir » et « l’heure de sa mort », pas même de « fin de vie » ou « d’acharnement thérapeutique », mais tout simplement d’euthanasie. Et de suicide assisté !

C’est toujours étrange de trouver sous la plume mortifère du gauchisme essoufflé un mot tel que : euthanasie. Habituellement c’est le jeu de mots qu’ils accordent à « état nazi », dans leurs litanies « antifascistes », « antisémites », etc.

*

En effet de quelle euthanasie parle-t-on ?

– De la bonne mort, douce et sans souffrance, naturelle ou par l’effet d’une thérapeutique dans un sommeil provoqué (sens étymologique)?

– Du fait de donner délibérément la mort à un malade (généralement incurable, qui souffre atrocement ou est en « fin de vie ») ?

Du fait de supprimer les sujets handicapés (comme Vincent), « tarés« , improductifs, qui coûtent chers à la collectivité, afin de satisfaire des exigences capitalistes et eugénistes inhumaines ?

*

Quant au suicide assisté, ce n’est pas neuf, le cas Socrate est célèbre, sauf que c’était l’esprit étroit et grégaire de l’époque qui lui imposa ce « suicide » comme à notre époque on imposa le « suicide assisté » de David Hamilton ou le « suicide suggéré » du juge Lambert.

Aider au suicide (pourtant que de faux suicides, bien criminels !), ou laisser faire un suicide, ne pas porter assistance à personne en danger, vulnérable, amoindrie, sont des actes criminels.

« Oh, t’as vu l’autre, il vient de sauter du pont ? – Ah, oui, mais ce n’est pas grave, il m’a dit qu’il voulait se suicider, chacun est libre… » Remplacez le pont par une chambre d’hôpital et le tour est joué ! Mais c’est toujours autant ignorer ce que sont les multiples formes d’envies de suicide, leurs multiples raisons mentales, physiques. N’y a-t-il pas assez de scandales de médecins ou d’infirmiers euthanasistes ?

4 /

La tutrice légale de Vincent Lambert, c’est sa femme et les médecins qui le suivent et en particulier le Professeur Sanchez. Ensemble, ils ont pris la décision d’arrêter les soins, au terme d’un dialogue permanent avec celle-ci et l’équipe médicale qui le soigne.

Non ! les médecins ne sont tuteurs de rien du tout.

Oui, la tutrice de Vincent Lambert est son épouse. Or il se fait que cette dernière a quitté il y a quelques années Reims pour la Belgique, abandonnant son mari à son mouroir. Seuls ses parents et quelques frères ou sœurs vont lui rendre visite dans le couloir de la mort du CHU de Reims.

Vincent Lambert aurait dit autrefois ne pas vouloir d’acharnement thérapeutique (simple parole dite ou pas, personne le sait) : oui, mais de toute façon, son état ne relève pas de l’acharnement thérapeutique, puisqu’il ne reçoit aucune thérapie et a même été privé de toute action pour améliorer son état telle la kiné, ou encore le réapprentissage de la déglutition. Véritable scandale médical !

Je note encore dans ce texte d’une violence inouïe : « cela fait 11 ans que son état végétatif est reconnu et constaté ! » Certes, mais savez-vous au moins, et justement, qu’il y a de par le monde des milliers de personnes qui sont dans cet état mais qui sont soignées, aidées ; que l’on essaye de tirer au moins un peu vers le haut ?

5/ Je ne sais pas trop quelle partie donner à lire maintenant, mais je crois que c’est ici le meilleur, ou plus exactement le (mal)proprement odieux:

Indécent et révélateur, ces cris de catholiques intégristes exultant à la suite de la décision politique de la Cour d’appel. […] Disons la réalité et la vérité : le débat est devenu politique, avec la mobilisation des catholiques intégristes, d’autant plus fanatisés que la « sortie de la religion » en France, selon l’expression de Marcel Gauchet, est largement majoritaire, ainsi que le démontre Jérôme Fourquet (l’Archipel français), religion qui ne comptabilise plus que 4% de catholiques pratiquants ! Ce sont les mêmes qui refusent la loi sur l’avortement et qui dénient aux femmes, la liberté de leurs corps et de leurs décisions.

Je ne suis pas catholique intégriste, mais moi aussi j’ai applaudi (du moins symboliquement) à cette décision enfin un peu sensée. Décision politique, bien sûr, toute la Justice est entachée de décisions politiques, vous semblez ignorer les « deux poids, deux mesures » permanents. Dans quel monde vivez-vous ?

« Catholiques intégristes fanatisés » tout est dit ; ou « gauchistes intégristes fanatisés » ? Là je parle de vous, minus mortifères et mondialistes. Il n’y a plus que 4% de catholiques pratiquants, dites-vous, et vous avez le culot de tirer sur l’ambulance ! D’ailleurs, heureusement qu’ils sont là en protecteurs, en quelque sorte, du patrimoine religieux national.

Il y en a encore trop selon vous ? Ils sont contre l’avortement, c’est leur droit. Moi, l’avortement, j’y voyais un geste anodin « progressiste » jusqu’au jour où j’ai compris ce que pouvait être pour une femme qu’une dépression post-avortement. L’avortement est un problème intime avant tout. Quand à la liberté du corps des femmes, parlons-en quand il s’agit de le louer, d’en faire commerce pour fabriquer un gamin abandonné à des couples mono-sexes … mais c’est un autre sujet très « fin d’empire ».

***

Laïcité par-ci, intégristes par-là (pas un mot en passant pour les bons cathos de gauche socialos et autres ?) Ce CNAFAL et son Cha(r)lot qui ne font pas de politique, c’est bien connu, mais dont l’association reçoit très probablement des subventions et est peut-être même apte à ester en Justice (les associations dans les tribunaux, on voit ce que cela peut donner dans le domaine de la (non) liberté d’expression par exemple), sont ce qu’on appelle des laïcards, c’est-à-dire des ennemis de la laïcité et des anticléricaux. Et plus encore, des intolérants et des partisans de la mort contre la vie.

Peut-on leur rappeler que leur « combat » à bouffer des curés retarde d’un siècle au moins. Et que même sans dieu, on ne peut se passer de valeurs réellement humaines.

From → divers

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