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FLAVIE LECANU REBELLE ? FLAVIE FLAMENT RÉSISTANTE ?

18 avril 2018

Je pense qu’il convient de saisir le personnage de Flavie Flament comme tout ce qu’il y a de plus intégré au système, dès sa jeunesse, et ceci dans le domaine du spectacle au sens large.

Lancée finalement par quelques photographies de David Hamilton, suivies de son élection, quatorze ans pas encore sonnés, en tant que Miss Ok ! 1988, elle a donc goûté toute jeune au statut de modèle pour photographie d’art, de mannequin dans la publicité cosmétique, et d’animatrice de télévision (sur la 6), côtoyant les journaleux, animateurs, et tout le secteur interlope de la variété chantante ou beuglante ; avant même de se lancer professionnellement parlant, quelques années plus tard, dans l’animation plus ou moins pipole sur TF1, chaîne de télévision qu’elle a fini par quitter en 2010 alors qu’elle avait un salaire de, dit-on, quatre à cinq cent mille euros par an, sans même obligation de travailler (c’est elle-même qui l’a affirmé), frais de déplacement et de bouche et autres avantages en nature (qu’elle chérissait intensément) non compris. (Le « pipole » de base, le « bas-peuple » appréciera, lui qui a les yeux qui s’illuminent si facilement devant les silhouettes animées des étoiles du spectacle médiatique.)

Ce qui lui a permis, entre autres choses, de s’acheter un manoir au Touquet, lieu de prédilection du Tout-Paris depuis que cette cité balnéaire du Nord de la France a été rebaptisée, déjà vers la fin du XIXe siècle et l’explosion des vacances balnéaires pour nantis, Le Touquet-Paris-Plage. Tant mieux pour elle, si l’on peut dire, et … tant pis pour les autres. Aussi ne peut-on décemment faire de cette femme une représentante judicieuse et convaincante de la Rébellion et encore moins de la Résistance.

Il n’y a pas si longtemps encore, elle reniait son époque d’animatrice télévisée télégénique, crachant à chaque occasion lourdement dans sa propre soupe refroidie, tout en ajoutant, quelques propos plus tard, que ce fut un temps merveilleux. Comprenne qui pourra. Elle voulait sans doute dire que du côté paraître, argent, seconde jeunesse (vingtaine et trentaine florissantes), elle avait réussi son coup.

Passée quelques mois par Canal Jimmy, elle a fini par rejoindre la radio, sur RTL en 2011 ; radio-diffusion où les rides naissantes et les kilos en trop passent toujours très bien à l’antenne. Je veux dire que pour elle, ce fut le début du déclin ; plus ou peu de reportages photographiques pipoles dénudés, plus de vidéos sur Internet, comme auparavant sur « la petite fiancée de la télé ». C’est le moment où elle commence à « écrire » ; c’est le début plus ou moins de ses visites au gourou psychiatrique, ardent défenseur de la théorie psychanalytique la plus débridée et charlatanesque, sectaire, dogmatique, attardée, délirante et affligeante de grotesque sordide ; gourou qui a fini par lui mettre dans la tête qu’elle avait été violée … mais, de préférence par quelqu’un de connu. Oui, quand même pas par un « n’importe qui », ma chère !

De nos jours, elle se mêle des arcanes les plus vermoulus de la politique politicarde (hier hollandienne, aujourd’hui macronienne, demain… peu importe, du moment qu’il s’agit du pouvoir en place). De même côtoie-t-elle, en invitée, les séminaires et autres raouts de tous les mystères révélés d’une pseudo-science psychiatrique des plus faisandées et des moins aptes à soigner et guérir les maladies mentales ; mais, par contre, particulièrement efficace à entretenir de graves « dégâts collatéraux » autour de ses patients. C’est dire, encore une fois, s’il est difficile de voir en elle une résistante au système, ou même ne serait-ce qu’une vague contestataire. Elle est au final, pas plus rebelle qu’un Jamel Debbouze, sous-comique-troupier ethnique, baisant la main de son roi chéri du Maroc.

Elle n’a manqué dans tout ça, au passage, qu’un titre de Miss France (il faut savoir que OK!, réserve à jeunes et jolies filles, marchait de concert avec le Comité Miss France alors mené comme on sait, de maîtresse main, par Geneviève Mulmann dite de Fontenay). Malheureusement, Flavie Flament y était visée par une (c’est le mot approprié) mesure discriminatoire : elle ne « toise » qu’un mètre soixante-sept, or le minimum requis est un mètre soixante-dix. Enfin, à ma connaissance, si elle a préféré à l’érotisme sur papier glacé le dénudé pipole sur papier bas de gamme, elle a semble-t-il ignoré la pornographie, mais non pas la vulgarité en certaines occasions.

Et s’il n’en fut pas plus, par exemple de possibles voyages photographiques en compagnie de David Hamilton et de son épouse Gertrude, cela n’en serait la faute, dit-on, qu’à sa maman, l’empêcheuse de tourner en rond (de jambe), qui mit fin aux séances de poses. Quatre en tout, comme il est dit dans un récent article du Blog en Défense de David Hamilton. À l’inverse de la « fameuse » Alice, sa « potesse » qui l’a introduite auprès de David Hamilton si l’on comprend bien, et qui, elle, eut droit à des voyages hamiltoniens, en pays exotiques et chauds, pendant quelques années, jusqu’à sa majorité.

***

Tout ça pour dire que l’on trouve sur Dailymotion, une courte vidéo présentée de cette manière : « Résiste » : Julien Courbet et Flavie Flament chantent le titre de France Gall en karaoké. C’est ici, cela date de 2015, et c’est sur des paroles et une musique du bon Berger (Michel) depuis longtemps ad patres : https://www.dailymotion.com/video/x3c935m

Sans trop en rajouter, je note parmi un ensemble de paroles affligeantes, de totale médiocrité poétique et d’indigence sidérale de rimes, quand ce n’est pas leur absence totale :

Si on t’organise une vie bien dirigée / Où tu t’oublieras vite / Si on te fait danser sur une musique sans âme / Comme un amour qu’on quitte / Si tu réalises que la vie n’est pas là / Que le matin tu te lèves / Sans savoir où tu vas…

Qui est ce « on » qui dirige ta vie où tu t’oublies ? Qui est ce « on » qui fait que tu en baves ? Qu’est-ce qu’une musique avec une âme ? La musiquette jazzique de Berger ? La vie n’est pas là, ou bien la vraie vie est-elle toute autre, ou ailleurs ? Non ! le matin tu te lèves en sachant trop bien où tu vas : au turbin, sous la forme, en général, d’esclavage salarié.

Danse pour le début du monde / Danse pour tous ceux qui ont peur / Danse pour les milliers de cœurs / Qui ont droit au bonheur… / Résiste (ter). Moi, des paroles comme ça, j’en fais par jour des centaines de lignes (j’évite le mot « vers » ici). Si je veux. Si je voulais me dévaluer : Danse pour en finir un jour / Danse pour nos restes d’amours / Danse pour tous mes beaux discours / Danse sans finir tous tes tours… Ça ne veut pas dire grand- chose et, surtout, ça n’engage à rien. Et ça rimaille à peine, à grand peine je crois, comme pour un bon nombre de « chansonniers ».

Enfin, le refrain est « un vrai miracle de beauté lyrique contemporaine » : Résiste / Prouve que tu existes / Cherche ton bonheur partout, va, / Refuse ce monde égoïste / Résiste / Suis ton cœur qui insiste / Ce monde n’est pas le tien, viens, / Bats-toi, signe et persiste / Résiste…

Ce monde n’est pas le tien. Non ce n’est pas le mien, nous dit Flavie Flament, en en profitant bien. Bats-toi, signe et persiste. Généralement, je parle du point de vue cohérence, celui qui se bat ne signe aucun engagement écrit. Oui, Flavie ! persiste dans l’erreur, attaque-toi aux faibles et démunis, aux innocents.

Et surtout résiste. Mais résiste à quoi donc : à la bassesse ? à la connerie ? à l’abrutissement ? à l’avilissement ? à l’avachissement ? à la déraison ? au cynisme ? au triste état du monde et de la société ?

Que nenni ! Tu te fais fort de résister à ceux qui osent contester tes fantasmes de vérité, tes « vérités révélées » sur ton « mauvais mort », personnage qui j’espère va te trotter dans la tête jusqu’à la fin de tes jours. Et qui sait, te tarauder de remords lorsque ta petite voix chantante de Poupette, aujourd’hui encore enfantine, sera finie. Et toi, bien oubliée par la masse des petits hommes.

From → divers

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