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Ma consolation: les pores de ma peau ne sont plus que des bites d’amarrage géantes en attente de la langue salvatrice… Balance ton pore…

17 avril 2018

Publié le par

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À l’occasion du « Festival des Conversations », dont ce n’était pas la première édition, divers journalistes et présentateurs de télévision ont annoncé (c’était hier, 16 avril, dans Libération) avoir l’intention de « constituer un dossier de dépôt de l’art des conversations auprès de l’Unesco. »

Mazette!

Parmi les signataires, pas beaucoup d’écrivains mais beaucoup d’inconnus et aussi Flavie Flament (Miss OK 1988) et Nelson Monfort…

Les conversations, disent ces messieurs dames, « sont un art vivant » qu’ils jugent « nécessaire au fonctionnement de la démocratie ».

Un art vivant? On pourrait rétorquer pour commencer que la conversation est aussi un art de l’éphémère, puisque verba volant, scripta manent.

On pourrait rétorquer ensuite que la question n’est pas celle de la conversation en soi. Ce n’est pas le fait de converser qui est un « bien ». Si la conversation est insipide et si deux interlocuteurs échangent des lieux communs, ils peuvent converser autant qu’ils veulent, ce qu’ils disent reste sans intérêt. Des conversations entre Platon et Socrate, ou entre Montaigne et La Boétie, ne sont peut-être pas exactement la même chose qu’une conversation entre Flament et Monfort.  La question ne devrait donc pas être de converser pour converser, mais de donner un contenu aux conversations.

Troisièmement, « converser » pue un peu, à mon avis, la « convivialité » forcée. Je crois que c’est André Gide qui disait:  « J’en ai assez d’échanger des idées, je préfère garder les miennes ».

Balance ton pore?

Je vous donne un exemple. « L’écrivain » Flavie Flament finira par avoir le Goncourt: « Les pores de sa peau ne sont plus que des clitoris béants en attente de la langue salvatrice » (voyez par exemple https://www.causeur.fr/flavie-flament-prochain-goncourt-10635)

Alors je pourrais par exemple dire, paraphrasant André Gide : « Quel dialogue pourrait-il y avoir entre mon œuvre littéraire et celle de Flavie Flament? Je préfère garder la mienne ».

Pour conclure, qu’est-ce que la « démocratie » vient faire là-dedans? Dans l’Antiquité ou plus récemment sous la monarchie, ou sous l’Empire, bref  à toutes les époques et sous tous les régimes qui n’étaient pas la « démocratie », il n’y avait pas de conversations? Les gens étaient muets?

La « démocratie » pipolisée, où l’on entend par exemple Flavie Flament libérer sa parole et papoter du matin au soir, c’est donc cela, l’art des « conversations »? Euh…

From → divers

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