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David Hamilton et Marc Dutroux : on ne peut comparer l’incomparable.

27 novembre 2017

Publié le 27 novembre 2017 par defensededavidhamilton

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Jean-Pierre Fleury, docteur en sociologie de l’Université de Nantes:

  • Olivier Mathieu, on parle beaucoup ces derniers temps d’une phrase de David Hamilton sur Marc Dutroux. Qu’en pensez-vous?

Olivier Mathieu:

  • Oui, on en parle beaucoup et on en détourne le sens… Après avoir rappelé que toute phrase d’un entretien est rapportée par le journaliste auteur de l’entretien, et qu’elle est donc plus ou moins authentique et plus ou moins correctement rapportée, je rappelle que cette phrase de David Hamilton semble être: « Marc Dutroux a tout foutu en l’air ».

Jean-Pierre Fleury :

Olivier Mathieu :

  • Les choses sont donc claires. David Hamilton rejetait la « pédophilie ». Il estimait que ses photographies NE relevaient PAS de la « pédophilie ». Il rejetait aussi la chasse aux sorcières qui avait lieu – au moins selon lui – depuis la triste affaire Dutroux. L’affaire Dutroux, pour ce que j’en sais, est une affaire d’enlèvement, de séquestration, de viol et de meurtre. Les parents des pauvres victimes auraient certainement souhaité et espéré que la police belge s’occupe mieux de l’affaire Dutroux, quitte à délaisser d’autres tâches!

Jean-Pierre Fleury:

  • Et jusqu’à preuve du contraire, David Hamilton n’a en effet enlevé, séquestré, violé et tué personne. Il n’a été l’objet d’aucune condamnation pour enlèvement, séquestration, viol ou meurtre. Et il ne le sera jamais, à moins qu’on ne vote une lex hamiltoniana condamnant David Hamilton après sa mort…

Olivier Mathieu :

  • Mieux encore, il a souvent condamné la pornographie. Mais c’est ici qu’est le paradoxe: la société qui a inventé et promu la pornographie sous sa forme actuelle, celle du Vingtième siècle – une forme de diffusion massive, technologique, grégaire de la pornographie – c’est cette société-là qui « condamne » et accable David Hamilton, qui était un photographe et un poète de l’érotisme… On rejette l’étotisme et en attendant, des tas de gens se font du fric avec la pornographie, les acteurs de pornographie, les producteurs de pornographie, les diffuseurs de pornographie, les sites de pornographie, etc, etc, etc… On a sali l’imaginaire des masses avec la pornographie de masse. Or voyez-vous, personnellement, je préférerais que mon fils admire des photos de David Hamilton plutôt qu’il ne regarde des films pornographiques d’une bêtise, d’une laideur, d’une médiocrité infinies…

Jean-Pierre Fleury:

  • Revenons à Marc Dutroux…

Olivier Mathieu:

  • Citons un autre entretien de David Hamilton.Serait-il possible en 2007 de photographier de très jeunes filles nues ?DAVID HAMILTON: Non, malheureusement. Dutroux a détruit tout cela et depuis on ne parle que de pédophilie, de perversité. J’ai connu 25 ans d’une extraordinaire liberté. J’aimais la beauté nordique, une certaine ossature, des peaux, des yeux clairs. Je n’ai photographié que cela. Désormais, toutes mes jeunes filles sont grand-mères : elles se sont mariées, elles ont eu des enfants. Je les ai saisies avant la routine, avant que leur vie devienne sérieuse.Comment expliquez-vous ce changement du regard posé sur votre œuvre ?

    DAVID HAMILTON: Il y a clairement eu un avant et un après. En même temps que les affaires de pédophilie, très relayées par la presse, le monde a changé. Aujourd’hui, même chez les artistes, on ne s’intéresse plus à la beauté. Tout n’est que colère, violence : plus c’est vulgaire, mieux c’est. Nous avons changé d’époque.

    https://www.ladepeche.fr/article/2007/09/25/22891-expo-la-nostalgie-david-hamilton.html#ODCzF2J05P12icZt.99

Jean-Pierre Fleury:

  • Quelle lecture en faire?

Olivier Mathieu:

  • Je crois comprendre le français. Dans plusieurs de ses entretiens, David Hamilton parle de Dutroux en l’appelant, par exemple, « ce mec ». Il ne lui manifeste donc aucune sympathie. Il lui reproche ses actes. Il lui reproche d’avoir commis des actes qui ont indirectement éclaboussé son oeuvre de photographe à lui. Il dit qu’il y a eu un avant et un après.

Jean-Pierre Fleury:

  • Grands Dieux! Un avant et un après! David Hamilton avait dit qu’il y avait eu un avant et un après l’affaire Dutroux! (Rire)

Olivier Mathieu:

  • (Rire) Christian De Valkeneer, magistrat belge, a déclaré : « Il y a eu un ‘avant’ et un ‘après’, une révolution culturelle au sein de la justice. »

Jean-Pierre Fleury :

  • Mais là, cher Olivier Mathieu, rendons-nous compte! C’est David Hamilton qui avait osé parler d’un « avant » et d’un « après » Dutroux! (Rire).

Olivier Mathieu:

  • En effet, tout le monde a parlé d’un avant et d’un après Marc Dutroux… Il y a eu des livres sur ça…

Jean-Pierre Fleury :

  • Oui, c’est « amusant », si on peut dire. Des dizaines de gens ont parlé d’un avant et d’un après Marc Dutroux. Y compris des magistrats, des écrivains… Mais si David Hamilton osait parler en ces termes-là, alors lui était un « mauvais ». Il avait beau dire que Dutroux, « ce mec », avait « tout foutu en l’air », pour les idiots David Hamilton était « pire que Dutroux », pratiquement…

Olivier Mathieu:

  • Heureusement que David Hamilton n’avait pas un chien, vous voyez ce que je veux dire?…

Jean-Pierre Fleury:

  • (Rire) Oui, je vois ce que vous voulez dire.

Olivier Mathieu:

  • En conclusion, c’est très simple. Je ne vois aucun rapport entre David Hamilton – un photographe de jeunes filles pures, innocentes, des photographies esthétiquement belles – et Marc Dutroux. Je ne vois aucun rapport entre les condamnations judiciaires que le premier (David Hamilton) n’a jamais reçues, et celles que le second (Marc Dutroux) a reçues. On compare, ici, l’incomparable. Il n’y a aucun rapport entre David Hamilton et Marc Dutroux.

Propos recueillis par Jean-Pierre Fleury.

 

 

Un commentaire pour David Hamilton et Marc Dutroux : on ne peut comparer l’incomparable.

  1. Catherine D. dit :27 novembre 2017 à 13:02L’énorme différence est que la jet-set, les politiciens, la police et la justice ont laissé tomber David Hamilton puisque Flavie la justicière se chargeait de tout pour mettre en avant sa pomme – belle aubaine – et principalement de détourner l’attention sur un sujet faux qui brouille l’atroce réalité des réseaux pédophiles alimentés par Dutroux et ses semblables, et cela probablement et souvent pour la jet-set, certains politiciens, petit monde de monstres qui se tiennent tous par la barbichette…

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