SUR LE BLOG EN DÉFENSE DE DAVID HAMILTON
Danse macabre pour David Hamilton
https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2017/04/02/danse-macabre-pour-david-hamilton/
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Danse macabre des Coquillardes.
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De la nuit et du hasard fées,
Jeunes filles de loin venues,
Peau lisse et parfum, les trophées
De qui les écrit toutes nues.
Donc après Villon que je dise,
Mon frère des bas-fonds le barde,
Et jamais ne me contredise
Le grand cœur qu’ont les coquillardes.
Les yeux plissés, couleur des chats,
C’est joliesse en ses entrechats,
La coquillarde a les yeux doux,
Sait la fatigue des nuits blanches
Et la main glisse au rendez-vous
Que parfois l’on pose à ses hanches.
Coquillarde a la nuque fraîche
Dessous la herse des cheveux,
Robe légère et peau de pêche,
La fièvre douce de son feu,
Fièvre forte de son arôme,
Coquillarde a l’épaule à paume.
Coquillarde aux gestes d’enfance
Est plus touchante que bourgeoise,
Chose que je sus, que je pense
Ainsi Villon, dedans Pontoise.
Ne sachant d’où vient, où ira,
La Coquillarde est de passage,
Et David Hamilton mourra,
Et nul n’est trop sage, aux parages.
Robe soleil clair, brune ou sombre,
C’est joue à bouche et front à front,
C’est bouche à joue et face à face
Lorsqu’en arc quatre bras s’enlacent,
Le soleil qui embrasse l’ombre
Avant la Mort, seul vif affront.
C’est aux territoires du ban,
Reines d’une nuit coquillarde,
Que l’on voit parfois des enfants
Qui ont leur pauvre cœur en hardes.
La Coquillarde est bientôt gente,
Coquillarde aux doigts en étoile,
Doux est l’intérieur de ses antes,
Le ciel d’été est une toile.
Voici que le vieux Coquillard
Mourrait ce soir pleines les paumes
Vu qu’il connaît encore l’art
D’être enfant magicien à pommes.
Coquillarde a rouges les joues,
Sait trop tristesses d’à genoux
Et elle a menu le genou,
Son œil lance des étincelles,
Et du destin tourne la roue,
Naufragé-je, ou naufrage-t-elle,
Elle qui a peau lisse aux cuisses?
Enfants d’entre la Seine et l’Oise,
Pourvu que tous, un jour, vous pûtes
Ainsi Villon, fuyant bourgeoises
Picorer de bisous des putes
Aux accents de mille latins,
Que les bourgeois disent catins.
Mes amis, si j’eus des amis,
Ne médisez des Coquillardes
Que les bourgeois disent catins
Et s’évaporent au matin
Avec les yeux brillants, images
De l’hiver de mon dernier Age,
Ainsi corps que le plaisir cabre
D’amour joyeux, danses macabres
Aux mille accents de la Calabre,
Ni des lieux des bans de mes nuits,
Sous la toile, la Coquillarde
Rejoint ses sœurs, un peu hagarde
Et que le Diable vous en garde!
(Poème publié il y a une dizaine d’années)





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