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RÉFLEXIONS DU JOUR… ENCORE ET TOUJOURS.

2 septembre 2014

Si Mozart fut précoce en tout, au point de mourir à trente-quatre ans et demi, comme le rappelait justement Desproges, Rimbaud fut lui, un précoce de la sénilité poétique. Vers l’âge de vingt ans il devint subitement, radicalement un vieux machin entiché d’exotisme colonial.  Tari irrémédiablement. Ô pitoyables illuminations ! Et à tout prendre, ô risibles dérèglements de tous les sens !

– Je comprend ton dégoût pour toute poésie, passé ton prurit adolescent et la fréquentation d’une faune poétique en partie interlope et folklorique, poétiquement couci-couça. Tu ne cherchais aucunement une vie poétique d’ailleurs, pas même une reconnaissance en tant que jeune poète en vers latins ou françois, mais, décadent, tu voulais faire fortune et si possible obtenir considération bourgeoise – exploiteuse et trafiquante s’il le fallait. Y compris pour complaire à maman, la mère du « livre du devoir » qui pourtant «  avait le bleu regard – qui ment ! ». Ma maman ment. Considération banalement bourgeoise et « rebelle » à la fois, bien évidemment de faux rebelle, « rebelle » dans le registre d’un capitaliste débutant. À l’opposé complet de cet autre vagabond – digne mendiant, lui – que fut Germain Nouveau et qui ne fut pas, qui n’est pas que le copiste conciliant de plusieurs de tes poèmes.

Voilà pourquoi tu touches encore tant de petits-blancs à l’esprit Far-West. Voilà pourquoi tu énonçais les vertus les plus conformistes en dénigrant les colonisés qui n’avaient pas été te chercher. Voilà pourquoi Nouveau est ignoré du plus grand nombre et de la « bonne école » républicaine.

Mais si tu fus un sénile précoce de la Poésie, tu fus également un tenace de l’agonie. Une quinzaine d’année, mazette, quel talent ! Tâchons d’oublier cette deuxième vie nettement moins poétique que celle de Nerval, la nuit tombée, passée en rêves et cauchemars. Tu as manqué de classe (et de poésie!) dans ta déchéance et ton ennui.

*

C’est incroyable le nombre de crétins et même d’abrutis, d’hommes petits que j’ai pu croiser ou fréquenter dans ma vie. Femelles et mâles confondus, que de ça, pratiquement. Enfin, c’est à croire que le vieil adage « qui se ressemblent, s’assemblent » est un fait patent, avéré, un principe – que dis-je ! – un précepte de haute philosophie.

From → divers

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