A COPA DO MUNDO DE FUTEBOL : QUELQUES RÉFLEXIONS SOCIO-SPORTIVES
26 juin 2014
Je ne vais pas discuter des rencontres en elles-mêmes mais simplement faire quatre sortes de réflexions axées sur les équipes de notre continent. À partir de ce que j’ai pu voir en direct (peu de chose finalement : un bout de France-Honduras, un bon bout d’Espagne-Chili et une bonne part de la seconde mi-temps d’Italie-Uruguay) et surtout en nombreux morceaux choisis d’après matches.
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Et d’une : Une bonne partie des équipes européennes, habituellement de gros calibre, n’ont pas été dans le coup (fatigue d’après saison surchargée pour certains ? problèmes climatiques (chaleur) ? problème d‘ambiance, de dépaysement, de trop grand exotisme ? Ou pré-vacances ?) Ceux qui s’en tirent le mieux sont les Pays-Bas et l’Allemagne et les moyennes équipes européennes comme la Belgique, la Suisse et la France. Idem de petites équipes qui n’ont pas été trop ridicules comme la Bosnie. Je note que les équipes de Belgique, de Suisse et de France sont les trois équipes sans doute les plus cosmopolites et les moins nationales qui soient. Ceci expliquant cela dans le sens où il est plus facile de faire une bonne équipe en racolant un peu partout ou en poussant un certain nombre de binationaux à choisir de grosses sélections néocoloniales. La Suisse se démarquant des deux autres par un recours, de ce que j’en ai noté, à des joueurs nettement plus européens. Certes, la France progresse et avec Deschamps retrouve la mesure et un certain bon sens en ce domaine, et d’une équipe africaine et mercenaire redevient petit à petit plus dans les couleurs de notre pays et pour une part avec des joueurs français jouant réellement en France.
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Et de deux : Certains arbitres sont ouvertement partisans : pour les équipes centre et sud-américaines en général ; mais pour d’autres aussi comme la France ; étant entendu que ces arbitres ne sont pas nécessairement de ce continent-là mais subissent sans doute le poids de l’évènement hors de chez eux. Et surtout l’arbitrage n’a aucune cohérence générale. Par exemple, les mêmes fautes vont de : rien à l’exclusion, en passant par le jaune. Il y a également des incohérences au sein d’un même match. Ainsi, match Italie-Uruguay : Balotelli lancé, balance ses deux jambes très haut sur la tête d’un joueur uruguayen, comme dans un sport de combat et n’écope que d’un carton jaune. Marchisio « tatane » sans retenu le tibia d’un joueur uruguayen : carton rouge. Certes, le coup était appuyé et gratuit surtout, avec l’arbitre juste à côté, mais Marchiosi a dû prendre pour lui la mansuétude du premier carton de Balotelli. D’ailleurs tout ce match a été violent et destructeur, surtout du côté italien qui jouait le zéro-zéro.
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Et de trois : La France. Première remarque : quand un manifestant politique sort avec fierté un drapeau français dans la rue, il y a pas mal d’imbéciles pour dire quelque chose comme : facho, réac… nazi ! Voire, encore plus hors propos : « antisémite ». Il en va de même pour leur attitude lors d’une cérémonie officielle avec drapeaux tricolores. J’ajoute que lorsqu’il s’agit d’un drapeau algérien ou palestinien « on » crie au scandale, mais que lorsqu’il s’agit du drapeau de la colonie d’Israël, c’est tout à fait normal, même dans l’enceinte d’un tribunal ! Par contre, lorsque des balcons fleurissent de drapeaux tricolores pour notre équipe «nationale» «blancs-blacks-beurs» (tiens, voilà une expression qui passe de mode !), comme je le vois actuellement, personne ne crie au fascisme, à la réaction et au nazisme. Comme quoi une bonne partie des hommes sont foncièrement crétins. Deuxième remarque : je trouve que la France (aura d’avoir battu le Brésil il y a quelques années ?) bénéficie pour l’instant d’une grande mansuétude arbitrale. J’ai évoqué plus haut les incohérences arbitrales. Match contre la Suisse ; les français ont commencé par marquer leur territoire d’une manière violente : dès les premières minutes Debuchy a fait un tacle dangereux sans carton ; Giroud d’un pied haut, plus que haut a sorti de la Coupe du Monde le défenseur central suisse Von Bergen (fracture du plancher de l’orbite gauche, rapatriement et opération à la maison). C’était dit-on involontaire, mais : coup volontaire ou involontaire, pied qui va vers la tête ou tête qui va vers le pied, tout joueur dont avoir la maîtrise de ses pieds. Tout pied haut est une faute. Et pourquoi? Parce que c’est très dangereux. Pour le moins Giroud devait écoper d’un carton jaune et l’arbitre devait recadrer l’agressivité, la mauvaise et coupable agressivité française. Ce qu’il n’a pas fait. Et ce qui a peut-être permis ou facilité la suite de buts française. Cela me fait penser à certains matches de rugby où des bons joueurs, les meilleurs d’une équipe passent à la trappe dès les premières minutes victimes d’acharnements sur eux et d’engagements physiques plus que limites. Troisième remarque : cette mansuétude facilite les bons résultats surtout quand cela est lié à une intransigeance arbitrale pour les fautes adverses. L’équipe de France s’est retrouvée deux fois – dans deux matches et pendant une longue période – à onze contre dix. Ce qui limite son résultat (3 à 0) contre le Honduras et relativise encore plus son match nul contre l’Équateur. Ajoutons encore : Honduras, 8 millions d’habitants ; Équateur, 15 millions d’habitants. Et je me dispense de parler du niveau de vie en ces deux contrées.
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Et de quatre : La vidéo a enfin fait une timide apparition, mais uniquement pour nous dire si le ballon était entré ou pas dans le but. Avec le gag de la première fois : pas « gol » puis « gol » lors du match Honduras-France. Platini, dieu et maître, n’en veut pas ou vraiment à minimum ! De fait, et c’est le côté absurde, la vidéo est utilisée essentiellement à postériori par la commission des arbitres et les instances répressives de la FIFA. C’est ainsi que le monde du ballon s’est fait gorge chaude des morsures stupides infligées par Suarez, le buteur uruguayen connu depuis longtemps comme un caractériel, sur le défenseur italien Chiellini. Le cannibale, ou canis-balle si je puis dire, est du genre pitoyable et infantile (cour de récré) d’autant qu’il n’est pas le dernier à chercher les autres joueurs. À moins que ce ne soit de l’amour un peu vache entre latins ! Enfin Chiellini se roulant par terre en se tenant l’épaule et Suarez idem en se tenant les dents et l’œil, c’est du gros grotesque. De même Sakho se retrouve dans le collimateur de la « répression » post-match pour avoir généreusement donné un coup de coude à la tête du milieu équatorien Minda, sur le premier corner des Bleus, dès la septième minute ; et l’arbitre : ivoirien ! (je n’ai pas pu m’en empêcher) «Simple geste d’humeur» selon les journaleux du sport de Franchouillie. Normalement, vu le côté parfaitement volontaire de l’action, c’est d’un carton jaune, voire rouge, qu’il aurait dû écoper. Giroud a fait le même genre de chose, lui aussi impunément, quelques minutes après. Il y a eu encore, je ne sais plus dans quel match, ce coup de pied rageur de Pogba sans suite « pénale ».
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Personnellement je serais pour appliquer au «foute-balle» ce qui s’applique au « rude-bi » dans le domaine de la vidéo. Je pense que ce qui serait bien c’est qu’un arbitre vidéo puisse intervenir sur tous les coups défendus et flagrants genre Suarez sur Chiellini, ou Sakho sur Minda. Ou encore sur les tirages de maillot à répétition, les « ceinturages », etc. Surtout à l’entame des matches, ou sur les coups de pied arrêtés, et aussi dans tous les matches « couperets » où aucun vainqueur ne se dessine ; pour calmer les esprits et cadrer les débats, ou plutôt les ébats des lions dans l’arène. L’arbitre qui siffle sans état d’âme, on s’en méfie, l’arbitre laxiste ou qui ne voit rien on s’en moque, on joue avec. Or, il ne peut malheureusement pas tout voir et n’est pas toujours bien aidé par ses assistants. Je trouve que les juges de ligne ne jouent pas souvent le jeu pour signaler les fautes de tous genres à l’arbitre central.
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De fait, si l’arbitrage de l’équipe française avait été vraiment à la hauteur (du fait du corps arbitral ou de la vidéo judicieusement utilisée) ce sont de deux ou trois cartons rouges, au moins, que cette équipe aurait dû écoper.
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Le plus bel exemple de l’utilité de l’arbitrage vidéo n’est-il pas ce célèbre carton rouge octroyé fort justement à «Zizou» par l’arbitre argentin Elizondo, pour son coup de boule de loulou tombant dans le panneau de la provocation verbale de Materazzi, lors de la finale de la Coupe du Monde 2006 contre l’Italie. L’arbitre s’est expliqué récemment ; il n’avait évidemment rien vu, c’était très loin de lui et dans son dos, l’action se passait ailleurs, une partie des spectateurs n’a rien vu non plus ; et c’est le quatrième arbitre qui avait devant lui un écran de contrôle qui lui a tout soufflé dans son oreillette. Avant de prendre sa décision, l’arbitre central a simplement fait mine de s’informer auprès des juges de touche comme s’ils avaient vu quelque chose. Peut-être que ce carton rouge a évité une fin de rencontre encore plus électrique, avec des tacles à la gorge avant que les fouteux « n’ouvrent la boîte à gifles », comme on dit en langage du rugby !
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