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VESPASIENNES PUBLIQUES

6 juin 2014

Je ne vais pas refaire ici, aujourd’hui, un petit historique de la guerre 39-45 telle non pas je l’ai vécue, je n’étais pas encore né, mais telle que mes parents, ma famille la vécurent dans une cité ouvrière et « socialiste » de la côte atlantique.

 

Des récits répétés pendant des années de ma prime jeunesse, j’en ai acquis un dégout profond pour tout prétendu progrès technologique guerrier et en particulier, mais pas seulement, pour cette peuplade de lâches et de dégénérés de destructeurs d’outre-Atlantique, là-bas de l’autre côté de la frontière illusoire de la mer.

 

En 1997, la veulerie odieuse, le masochisme de ma cité de jeunesse (rasée à 95%, disent certains, à 85% disent d’autres, enfin champ de ruines en très grande partie suite aux bombardements « alliés » anglo-américains, sans compter les centaines de morts civils) a poussé le bouchon jusqu’à ériger une stèle à la mémoire de salopards venus nous casser la gueule, enfin celle de mes ascendants.

 

Celle-ci :

 

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Vous remarquerez la « signature » : le souvenir français (sic).

*

La pleurniche à géométrie variable. Deux poids, deux mesures. Un avion, le seul touché par la DCA allemande. Je précise quand même qu’il doit y avoir aux moins deux ou trois autres monuments à la gloire des amerloques dans la ville, dont une statue monstrueuse sur la plage, mais pas un seul monument sauf erreur (si ce n’est peut-être une vague plaque dans l’enceinte des chantiers de constructions navales) aux victimes civiles des bombardements allemands (quasi inexistants) et avant tout des bombardements de « nos alliés » (bien réels).

 

Monument érigé par des maboules. Celui qui l’a inauguré, mitrailleur de queue (à 8400 mètres d’altitude, objectif constamment raté : la base sous-marine), et qui était le seul rescapé de cette engeance (morts qui me laisse totalement indifférents), plus sensé que les lèches-bottes locaux imbéciles, s’inquiéta : « mais, serais-je bien reçu ? » (je l’ai lu dans les gazettes de l’époque).

 

Je crois que c’est l’indifférence de la plupart des autochtones qui l’a reçu.

 

*

 

Je vais pisser sur vos tombes, enfin presque : ce qui en fait office.

 

Il m’arrive, envie pressante, lorsque je me promène sur le Boulevard de Mer de ma cité chérie, de faire un très léger crochet pour me soulager en ce lieu. Combien de fois n’ai-je pas pissé sur ce monument ignoble, mais fort pratique, rare pissotière publique de la ville qui comme ailleurs a bêtement éliminé une bonne partie des commodités dénommées vespasiennes ?!

 

On peut même pisser à deux, voire à quatre (recto-verso) en se serrant un peu en cet endroit.

 

Je conseille également aux marcheurs à toutou cet excellent crottoir canin pavé. Un coup de jet municipal, et c’est propre.

 

PS – il faut quand même se rappeler que c’est nous qui avons déclaré la guerre à l’Allemagne, non l’inverse, avec le succès fulgurant que l’on sait ; et qu’une fois venus nous « libérer », les ricains ne partirent que contraints et forcés par De Gaulle au début des années soixante.

 

From → divers

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