SOUVENIR, SOUVENIR.
Qui se souvient de nous ?
Les morts peut-être, certains morts du moins…
L’ÉCHARPE, chanson que Maurice Fanon écrivit au début des années soixante lorsque Pia Colombo et lui-même se séparèrent, chantée par cette dernière.
Double nostalgie…
http://www.youtube.com/watch?v=j-GcxHai6rA
Si je porte à mon cou,
En souvenir de toi,
Ce souvenir de soie
Qui se souvient de nous,
Ce n’est pas qu’il fasse froid,
Le fond de l’air est doux,
C’est qu’encore une fois
J’ai voulu, comme un fou,
Me souvenir de toi,
De tes doigts sur mon cou,
Me souvenir de nous
Quand on se disait « vous ».
*
Si je porte à mon cou,
En souvenir de toi,
Ce sourire de soie
Qui sourit comme nous
Souriions autrefois
Quand on se disait « vous »
En regardant le soir
Tomber sur nos genoux,
C’est qu’encore une fois
J’ai voulu revoir
Comment tombe le soir
Quand on s’aime à genoux.
*
Si je porte à mon cou,
En souvenir de toi,
Ce soupir de soie
Qui soupire après nous,
Ce n’est pas pour que tu voies
Comme je m’ennuie sans toi,
C’est qu’il y a toujours
L’empreinte sur mon cou,
L’empreinte de tes doigts
De tes doigts qui se nouent,
L’empreinte de ce jour
Où les doigts se dénouent.
*
Si je porte à mon cou,
En souvenir de toi,
Cette écharpe de soie
Que tu portais chez nous,
Ce n’est pas qu’il fasse froid,
Le fond de l’air est doux,
Ce n’est pas qu’il fasse froid,
Le fond de l’air est doux.
*
Diction quasi parfaite, où les paroles prennent le pas sur la mélodie quand nécessaire : ajout d’une note pour prononcer un « e » (ligne cinq par exemple), chute d’une note et/ou allongement d’une note si nécessaire (ligne 43 par exemple, lignes 16 à 17). Nuance entre le « oi » de « toi » et celui de « soie, froid »… Le « e » d’« ennuie » n’est pas prononcé, mais qui le prononcerait encore, surtout dans une chanson ? Nombreux vibratos.
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